
La ferritine est la protéine qui stocke le fer dans l'organisme. Basse, elle signale presque toujours un manque de fer. Élevée, elle peut inquiéter à tort : dans la grande majorité des cas, elle ne traduit pas un excès de fer, mais une inflammation, ou même une consommation d'alcool ou un surpoids. Pour mieux comprendre l’origine d’une ferritine élevée, le médecin regarde notamment le coefficient de saturation de la transferrine, avec les autres résultats du bilan. Seuils, causes, examens et moment où il faut consulter : on vous explique comment lire votre résultat.
Cet article ne remplace pas un avis médical. Faites toujours interpréter vos résultats par un médecin.
La ferritine est une protéine qui stocke le fer, surtout dans le foie, la rate et la moelle osseuse. Une petite partie circule dans le sang, et c'est elle qu'on dose. En l'absence d'inflammation, son taux reflète bien la taille de vos réserves de fer.
Mais la ferritine a une deuxième casquette : c'est une protéine de l'inflammation. Quand le corps se défend contre une infection, une inflammation ou une agression du foie, il en fabrique davantage, que les réserves de fer soient pleines ou non, comme le rappelle Vidal.
C'est ce double rôle qui rend son interprétation délicate :
Les laboratoires expriment la ferritine en µg/L ou en ng/mL. C'est la même chose : 300 µg/L = 300 ng/mL.
Il n'existe pas une seule « norme ». Les valeurs de référence varient selon le laboratoire, le sexe et l'âge. Voici quelques repères issus des recommandations françaises et internationales :
| Ferritine | Ce que ça peut vouloir dire | Source |
|---|---|---|
| Sous 15 µg/L (enfant), 20 µg/L (femme), 30 µg/L (homme et femme ménopausée) | carence en fer | Assurance maladie |
| Sous 30 µg/L chez l'adulte | carence en fer, selon les recommandations internationales les plus récentes | Société américaine d'hématologie, 2026 |
| Au-dessus de 200 µg/L (femme) ou 300 µg/L (homme) | carence en fer, selon les recommandations internationales les plus récentes | Vidal, 2024 |
| Au-delà de 1 000 µg/L | ferritine très élevée : bilan plus poussé, souvent une IRM du foie | Vidal, 2024 · FMC-HGE, 2023 |
Les seuils sont plus bas chez la femme avant la ménopause, parce que les règles font perdre du fer chaque mois. Après la ménopause, ses valeurs se rapprochent de celles de l'homme.
Une ferritine élevée s’interprète avec le contexte et les autres résultats du bilan. La CRP, peut aider à repérer une l'inflammation, et le coefficient de saturation de la transferrine (CST), aide à rechercher une surcharge en fer. Sans eux, impossible de savoir si un chiffre élevé traduit trop de fer ou simplement une inflammation.
Une ferritine basse veut dire que vos réserves de fer sont entamées. C'est un des premiers marqueurs à baisser en cas de carence, bien avant l'hémoglobine. D'après l'Assurance maladie, on parle de carence sous 20 µg/L chez la femme, 30 µg/L chez l'homme et la femme ménopausée, et 15 µg/L chez l'enfant. La Société américaine d'hématologie retient même depuis septembre 2026 un seuil de 30 µg/L pour tous les adultes.
Un piège à connaître : comme l'inflammation fait monter la ferritine, une carence peut se cacher derrière un chiffre « normal ». En cas d'inflammation, les recommandations américaines considèrent qu'une carence reste possible jusqu'à 100 µg/L, ou quand le CST est sous 20 %.
Une ferritine basse se confirme et peut s'expliquer : règles abondantes, saignement digestif, alimentation, absorption. Symptômes, causes, aliments riches en fer et traitement : tout est détaillé dans notre article sur la carence en fer.
Face à une ferritine élevée, la première question n'est pas « combien ? », mais « pourquoi ? ». Il existe deux grandes situations :
La distinction compte, parce que la prise en charge n'a rien à voir. Dans le premier cas, on traite la cause. Dans le second, un traitement adapté peut être nécessaire pour réduire la surcharge en fer.
Une ferritine élevée ne donne en général pas de symptômes par elle-même. Ce sont la cause, ou la surcharge en fer quand elle existe, qui peuvent en donner.
La transferrine est la protéine qui transporte le fer dans le sang. Le coefficient de saturation de la transferrine (CST) indique quelle part de ces transporteurs est chargée en fer. C'est lui qui permet de savoir si une ferritine élevée traduit un vrai excès de fer.
| Ferritine | CST | Ce qu'on évoque en premier |
|---|---|---|
| Élevée | Normal (45 % ou moins) | une cause métabolique, l'alcool, une inflammation ou une maladie du foie |
| Élevée | Élevé (au-dessus de 45 % à deux reprises) | une surcharge en fer possible : on peut rechercher une hémochromatose avec notamment la mutation C282Y du gène HFE |
| Basse | Bas | une carence en fer |
Le seuil de 45 %, vérifié sur deux prises de sang, est celui que retiennent Vidal et les hépato-gastroentérologues français pour déclencher la recherche d'hémochromatose.
C'est l'une des causes fréquentes de ferritine élevée en pratique courante, d'après Vidal et la FMC-HGE. On parle de syndrome métabolique quand plusieurs anomalies s'additionnent : tour de taille élevé, glycémie, triglycérides ou tension trop hauts, HDL-cholestérol trop bas. Le foie se charge en graisse et la ferritine peut augmenter, sans qu’il y ait forcément une véritable surcharge en fer. Les médecins parlent d'hépatosidérose dysmétabolique.
La ferritine monte, mais le CST reste en général normal.
L'alcool pousse le foie à fabriquer plus de ferritine. C'est une cause très fréquente, et souvent sous-estimée. La bonne nouvelle : la ferritine diminue après une réduction ou un arrêt de la consommation, mais le délai varie selon les personnes.
Toute inflammation, aiguë ou chronique, peut faire monter la ferritine : une infection récente, même banale, une maladie inflammatoire comme une polyarthrite ou une maladie inflammatoire de l'intestin. La CRP, souvent élevée en même temps, aide à la repérer.
Quand des cellules du foie sont abîmées (hépatite virale, médicamenteuse ou liée à l'alcool), elles libèrent leur ferritine dans le sang. Le bilan du foie, avec les transaminases (ASAT, ALAT), permet de le voir.
C'est la cause génétique de surcharge en fer la plus fréquente, mais elle reste minoritaire parmi les ferritines élevées. On la détaille juste après.
Certaines maladies du sang, des transfusions répétées, une destruction des globules rouges, ou plus rarement un cancer peuvent aussi faire monter la ferritine. Le bilan complémentaire sert à les écarter.
L'hémochromatose est une maladie génétique : l'intestin absorbe trop de fer, qui s'accumule peu à peu dans le foie, le cœur, le pancréas et les articulations.
D'après l'Inserm, environ 1 personne sur 300 porte la double mutation du gène HFE qui y prédispose. Les premiers signes apparaissent en général autour de 40 ans chez l'homme et 50 ans chez la femme.
Les signes qui doivent faire y penser :
Le diagnostic repose sur la prise de sang : un CST au-dessus de 45 % à deux reprises conduit à rechercher la mutation C282Y du gène HFE. Le traitement est simple et efficace : il repose généralement sur des saignées régulières. Leur fréquence est adaptée aux résultats sanguins et à la quantité de fer accumulée.
L'hémochromatose fait partie des affections de longue durée reconnues par l'Assurance maladie (ALD n°17). La HAS a mis à jour en octobre 2024 la liste des examens et des soins pris en charge à ce titre, dont la recherche de la mutation C282Y et les saignées.
Si on vous diagnostique une hémochromatose, parlez-en à vos frères, sœurs et enfants. La maladie étant génétique, une évaluation médicale peut être proposée aux proches, avec un dosage de la ferritine et du CST, et parfois une analyse génétique.
C'est une inquiétude fréquente, et il faut la remettre à sa place. Certains cancers peuvent s'accompagner d'une ferritine élevée, comme le rappelle la FMC-HGE. Mais la ferritine n'est pas un test de dépistage du cancer : elle monte pour des raisons bien plus fréquentes, en premier lieu le syndrome métabolique, l'alcool et l'inflammation.
Une ferritine élevée isolée, sans autre anomalie, n'est donc pas un signe de cancer. C'est le bilan complet, guidé par votre médecin, qui permet d'en identifier la cause.
Le médecin commence par un interrogatoire et un examen : consommation d'alcool, poids et tour de taille, antécédents familiaux, médicaments, signes d'atteinte du foie.
Le médecin commence généralement par le coefficient de saturation de la transferrine, une numération formule sanguine, un marqueur d’inflammation et un bilan du foie. Il peut aussi vérifier certains paramètres métaboliques, comme la glycémie et les triglycérides.
Selon les résultats et les symptômes, d’autres examens peuvent être utiles, notamment les CPK, l’haptoglobine ou la TSH.
Selon les résultats, il peut aller plus loin : recherche de la mutation C282Y si le CST dépasse 45 % à deux reprises, et IRM du foie pour mesurer la quantité de fer en cas de ferritine inexpliquée, le plus souvent au-delà de 1 000 µg/L.
Une ferritine isolée ne dit pas grand-chose. Alan Precision mesure plus de 80 biomarqueurs, dont la ferritine, le fer, la transferrine et son coefficient de saturation, la CRP haute sensibilité, le bilan du foie (ASAT, ALAT, gamma GT) et les marqueurs du métabolisme (glycémie, insuline, HbA1c, triglycérides, HDL). Nos médecins les lisent ensemble, avec vos habitudes de vie recueillies dans un questionnaire de plus de 200 questions, pour comprendre ce qui fait varier votre ferritine. Vous recevez un plan d'action concret, relu par un médecin.
(dispositif pour l'instant réservé aux membres Alan. Accès pour les non-membres prévu en 2027)
Une ferritine en dehors des normes n'est pas une urgence en soi, mais elle mérite toujours d'être expliquée. Voici les repères :
Ne faites pas de saignée, de « détox » ni de régime sans fer de votre propre initiative. Ne prenez pas non plus de complément de fer « pour compenser » une ferritine basse sans avis médical. Ce qui compte, c'est la cause.
Avant la ménopause, les règles font perdre du fer chaque mois, ce qui réduit les réserves. C'est pour ça qu'on parle de ferritine élevée dès 200 µg/L chez la femme, contre 300 µg/L chez l'homme. Après la ménopause, les valeurs se rapprochent de celles des hommes.
Souvent, oui. Une infection récente ou une consommation d'alcool les jours précédents peut faire monter la ferritine de façon passagère. Le CST, lui, doit être élevé à deux reprises avant de rechercher une hémochromatose. Votre médecin vous dira quand refaire la prise de sang.
Non. Avec une seule copie de la mutation, on parle d'hétérozygotie. C'est généralement associée à un risque faible de surcharge en fer. Le résultat doit toutefois être interprété avec la ferritine, le CST et les antécédents familiaux. Il peut toutefois être utile d'en informer vos proches.
Mis à jour le 22/10/2026
Publié le 22/10/2026
Auteur

Maxime Leger
Médecin anesthésiste-réanimateur | Responsable clinique chez Alan
Mis à jour le
22 octobre 2026
92% de nos membres déclarent être satisfaits ou très satisfaits par Alan (mai 2025).

Comment lire votre résultat de ferritine