Healthier Humanity - Ces 2 médecins révèlent la vraie cause de votre fatigue (inattendu) - Dr Dequenne & Dr Philippart de Foy

Healthier Humanity - Ces 2 médecins révèlent la vraie cause de votre fatigue (inattendu) - Dr Dequenne & Dr Philippart de Foy

Pourquoi sommes-nous si bons pour traiter les urgences, mais si mauvais face aux maladies chroniques qui touchent 80% d'entre nous ? Et si la solution ne résidait pas dans de nouveaux médicaments, mais dans une compréhension radicalement différente de notre corps ?

Ces questions sont au cœur de ce nouvel épisode de Healthier Humanity avec le Dr. Isabelle Dequenne et Jean-Michel Philippart de Foy, praticiens pionniers de la médecine fonctionnelle en Europe.

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Médecine fonctionnelle : de la fatigue chronique à l'énergie retrouvée

Formés à l'Institute for Functional Medicine, ils ont développé une approche révolutionnaire qui transforme la vie de leurs patients. "Un corps humain remis dans le bon contexte se guérit tout seul. Ou presque," affirme le Dr. Dequenne. Plutôt que de masquer les symptômes, ils remontent à la source : pourquoi votre corps dysfonctionne-t-il ?

Leur constat est frappant : "Nous avons été formatés pour une excellente médecine d'approche aiguë... mais face aux maladies chroniques, on a très peu d'outils." À travers leur pratique, ils démontrent que des carences simples en fer, vitamine D ou oméga-3 peuvent déclencher fatigue chronique, anxiété, dépression, inflammation - une cascade de symptômes que la médecine conventionnelle traite séparément sans jamais remonter à la cause.

Dans cette conversation fascinante, découvrez :

  • Pourquoi 70% de votre énergie quotidienne sert à créer le "switch-off" cérébral
  • Comment la mitochondrie, cette centrale énergétique, explique fatigue, douleur et brouillard mental
  • Pourquoi tant de femmes sont carencées en fer sans le savoir
  • La révolution du petit-déjeuner : oubliez les céréales et le sucré
  • Les 10 systèmes interconnectés qui régissent votre santé
  • Comment des ajustements nutritionnels ciblés peuvent transformer radicalement votre énergie

Cette discussion bouleverse nos certitudes et prouve qu'avec la bonne approche, un corps remis dans le bon contexte peut se guérir. Leurs patients témoignent de transformations spectaculaires : fin de la fatigue chronique, disparition des infections hivernales répétitives, regain d'énergie et de clarté mentale.

Que vous souffriez de fatigue chronique, de troubles digestifs, d'anxiété ou que vous cherchiez simplement à optimiser votre santé, cet épisode vous donnera les clés pour comprendre votre corps comme un système interconnecté et reprendre le contrôle de votre bien-être.

Transcript

Introduction à la médecine fonctionnelle [00:00 - 02:00]

Dr. Isabelle Dequenne : Nous avons été formatés pour une excellente médecine d'approche aiguë. On a un accident, on a d'excellents chirurgiens, réanimateurs. Donc cette médecine hospitalière est brillante et a des résultats magnifiques. Par contre, là où on pêche, c'est dans l'approche de ces maladies qui traînent, qui sont chroniques. En fait, en ne soignant que les symptômes, nous n'allons pas chercher à corriger la cause et ce qui a mis en place les dysfonctionnements du système. Quand nous faisons de la médecine fonctionnelle et qu'on arrive à améliorer le métabolisme, le contexte clinique, le sommeil, le sport, nous pouvons améliorer l'espérance de vie et maximiser la longévité prévue par le gène.

Jean-Michel Philippart de Foy : C'est évident que la nutrition a un impact sur la santé et le paradoxe, c'est que souvent on dit « est-ce que c'est vraiment vrai ? »

Ouverture du podcast et présentation des invités [00:55 - 02:59]

Jean-Charles Samuelian : Et si vous pouviez vivre vieux en pleine forme ? Bienvenue sur Healthier Humanity, je suis Jean-Charles Samuelian-Werve, le cofondateur et CEO d'Alan. Dans ce podcast, j'interview des scientifiques, des médecins, des athlètes pour creuser la longévité. Abonnez-vous à ce podcast si vous voulez reprendre votre santé en main et ne manquez aucun épisode. Aujourd'hui, on va creuser un sujet passionnant pour comprendre la médecine fonctionnelle et tout ce qui tourne autour. J'ai donc l'immense plaisir d'accueillir deux praticiens exceptionnels qui révolutionnent notre approche de la santé. Le docteur Jean-Michel Philippart de Foy et le docteur Isabelle Dequenne. Merci infiniment à tous les deux d'être avec nous aujourd'hui.

Jean-Michel Philippart de Foy : Avec plaisir.

Jean-Charles Samuelian : Docteur Philippe Ardefoy, vous possédez un parcours unique et atypique qui vous offre une vision globale de l'être humain. Vous avez commencé kinésithérapeute et ostéopathe de formation. Vous avez ensuite évolué vers un master en nutrition, puis vers la biologie buccale pour commencer la médecine à 38 ans. Ce qui est assez atypique et terminé la médecine générale à 46 ans, créant ainsi une grille de lecture vraiment fascinante sous plein d'angles différents. Docteur Isabelle Dequenne, vous avez développé une approche révolutionnaire de la dermatologie. Vous ne vous contentez pas de traiter les symptômes cutanés. Vous explorez les liens profonds entre environnement, stress, nutrition, microbiote et ces manifestations cutanées. Votre approche holistique transforme notre compréhension des pathologies de la peau, mais pas seulement, en révélant comment notre épiderme reflète l'équilibre de tout notre organisme. C'est un sujet passionnant. Ensemble, vous pratiquez la médecine fonctionnelle, et on va définir ce que c'est, une approche qui place le patient au centre du soin, qui cherche à identifier les causes profondes des déséquilibres, plutôt que de simplement traiter les symptômes. J'attends de cette conversation beaucoup, parce qu'on l'a bien préparée, et il y a beaucoup de concepts qui, je pense, vont passionner en écoutant. Mais d'abord, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est que la médecine fonctionnelle ?

Définition de la médecine fonctionnelle [02:59 - 05:20]

Jean-Michel Philippart de Foy : Je commence ? La médecine fonctionnelle est née, in fine, fin des années 80, du côté de Palo Alto, où le fondateur, qui s'appelle Jeffrey Bland, était directeur de l'Institut Linus Pauling. Et Palo Alto est le berceau de l'approche systémique en psychothérapie, et l'approche de système est l'approche de la médecine fonctionnelle. Donc le brassage d'idées de là a débouché sur le fait que fin des années 80, milieu des années 80, émergeait la notion d'Evidence-Based Medicine, où on divise le corps en différentes spécialités et où on perd la vue d'ensemble. Et donc Jeffrey Bland, dans sa réflexion avec d'autres médecins, s'est dit comment est-ce qu'on peut essayer d'avoir des médecins qui ont une vue globale et qui sont des médecins spécialistes de la généralité pour essayer d'avoir une vision d'ensemble. Et début des années 90, ils ont créé l'Institut de médecine fonctionnelle aux États-Unis, qui enseigne aujourd'hui, plusieurs milliers de médecins ont été formés, quelle est la vision de système du corps humain. Et pour ça, ils ont essayé d'organiser la pensée, parce que ce n'est pas évident d'organiser la pensée, surtout à l'époque. Aujourd'hui, avec l'IA, ça change beaucoup de choses. Et ils ont créé un acronyme pour résumer ce qu'était la médecine fonctionnelle. GO TO IT.

Jean-Charles Samuelian : On va creuser ça très très bientôt. Mais en effet, il y a une complexité énorme sur ces êtres humains qui sont pleins de systèmes, un système intégré. Et qu'est-ce qui est pour vous une approche qui est centrée sur le patient plutôt que sur les symptômes ?

L'approche centrée sur le patient [05:20 - 06:48]

Dr. Isabelle Dequenne : Eh bien, en fait, on cherche à comprendre leur histoire de vie. Et qu'est-ce qui, dans leur histoire de vie, a pu les amener à glisser de la santé vers la maladie. Et donc, en fait, c'est tout ce qui va influencer le fonctionnement de cet écosystème humain, de notre génétique. Et en fait, ce sont tous ces modes de vie, le stress chronique, les modes alimentaires, le sport, le sommeil. Toutes ces façons de vivre et ces perceptions de la vie ont un impact sur nos gènes et la façon dont les cellules vont se comporter et la communication cellulaire. Donc il y a un impact épigénétique sur la santé humaine. Et dans une consultation, on cherche d'abord, mais ça on en reparlera avec le GO TO IT, à voir tous ces éléments de vie qui peuvent nous donner des indices sur ce qui a provoqué le dysfonctionnement et nous donner des indices. En travaillant avec le patient, c'est un travail de binôme. Le patient doit nous expliquer comment il fonctionne et nous, on doit lui expliquer comment nous comprenons les choses. Et c'est ensemble, main dans la main, qu'on va faire un chemin de vie pour aller mieux.

Les maladies chroniques et la médecine fonctionnelle [06:37 - 07:40]

Jean-Charles Samuelian : Et avant d'entrer dans le GO TO IT, avec quelle typologie de problème arrivent vos patients et à quoi s'adapte le mieux la médecine fonctionnelle ?

Dr. Isabelle Dequenne : Tout ce qui est chronique. En fait, dans nos études de médecine, nous avons été formatés pour une excellente médecine d'approche aiguë. On a un accident, on a d'excellents chirurgiens, réanimateurs. Donc cette médecine hospitalière est brillante et a des résultats magnifiques. Par contre, là où on pêche, c'est dans l'approche de ces maladies qui traînent, qui sont chroniques. En fait, en ne soignant que les symptômes, nous n'allons pas chercher à corriger la cause et ce qui a mis en place les dysfonctionnements du système. C'est une médecine qui demande beaucoup de temps, beaucoup de compréhension et beaucoup d'efforts de part et d'autre. Le patient doit faire des efforts de changer, mais nous devons aussi y mettre du temps pour comprendre et comprendre ce qui peut bloquer les changements, ce qui peut les aider à évoluer. Donc c'est quelque chose de très différent comme approche médicale.

Le déclic dans leurs parcours [07:40 - 11:06]

Jean-Charles Samuelian : Est-ce qu'il y a eu un déclic dans vos parcours respectifs qui vous a fait dire qu'il faut changer cette approche ?

Dr. Isabelle Dequenne : En tout cas, moi, comme dermatologue, je voyais que, donc, je suis sortie à 29 ans, après les 11 ans de formation, et avec les années, je voyais mes patients prendre de plus en plus de médicaments pour l'hypertension, pour le stress, pour le sommeil, et les pathologies inflammatoires, on me disait, ben oui, en fait, tu dois fidéliser ton patient à sa crème, tu dois fidéliser. Et je me dis, mais non, mais non, ça ne va pas, en fait, en phase aiguë. Oui, on les aide, mais en chronique. Ce n'est pas logique que la maladie continue à évoluer. Et donc, j'ai dû reprendre mes valises et chercher des réponses ailleurs. Et grâce à Jean-Michel, on est parti, parce que lui connaissait déjà l'Institut pour la médecine fonctionnelle aux États-Unis. Et c'est via lui que j'ai été faire toutes ces formations qui regroupent un peu l'ensemble de l'épigénétique et de la modélisation de l'écosystème humain.

Jean-Michel Philippart de Foy : Et pour moi, il y a eu deux périodes critiques. La première, quand j'avais mes enfants tout petits et qui étaient malades tout le temps, on allait chez la pédiatre et recevait des antibiotiques à chaque fois. Et je trouvais que c'était, pour un jeune père, un peu compliqué. Donc c'est à ce moment-là que je me suis dit que je vais faire un master en nutrition. Et puis, à la fin de mon master en nutrition, j'ai eu l'occasion de rencontrer Jeffrey Bland, le fondateur de l'Institut de médecine fonctionnelle, et je me suis dit « Waouh, ça, c'est quelque chose que je veux faire ». Mais pour faire de la médecine fonctionnelle, il faut avoir un bagage de médecine. C'est indispensable pour poser des diagnostics, c'est indispensable pour réfléchir. Et j'ai eu la chance de pouvoir faire mes études de médecine en faisant de la consultance pour une boîte dont le vice-président était à l'époque Jeffrey Bland. Et donc, c'est là que je suis entré, que j'ai compris petit à petit les tenants et les aboutissants, commencé à les comprendre parce qu'on comprend de plus en plus en soignant de plus en plus et on arrive à être mieux, je ne vais pas dire bien, mais mieux quand on est vieux. Donc il y a eu ces deux périodes et puis il y a eu la période de tout l'enseignement que j'ai reçu en médecine où la journée, j'allais aux cours. Et souvent en soirée, j'allais donner des conférences sur des principes de médecine fonctionnelle à des médecins.

Jean-Charles Samuelian : Une vie un peu schizophrénique, ou duale en tout cas.

Jean-Michel Philippart de Foy : Il fallait s'adapter et savoir utiliser les mots que chacun utilise pour communiquer. Mais in fine, quand je présentais des examens, j'utilisais ce que j'avais appris en médecine fonctionnelle en y mettant des mots qui pouvaient être entendus, même si parfois je pouvais paraître peut-être un peu différent à mes enseignants, mais ça se passait très bien.

Le GO TO IT - Introduction [11:06 - 14:23]

Jean-Charles Samuelian : Et si on rentre dans le vif du sujet, qu'est-ce que c'est que ce GO TO IT et comment ça fonctionne ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Alors ce que je vais faire, je vais déjà dire ce que veut dire l'acronyme et puis on va dialoguer pour expliquer. GO TO IT est un acronyme anglo-saxon pour ne rien oublier. Le G de GO TO IT, c'est Gather, rassembler. Le O, c'est Organize. Organiser quoi ? Toute l'information que l'on a rassemblée sur l'histoire de vie du patient, sur ses antécédents familiaux, médicaux, ses examens. Et on va organiser ça de deux manières. Sur une ligne du temps, dans une matrice avec différents systèmes qui sont interconnectés, sous lesquels on a une base qui sont les bases du lifestyle. Ce qu'Isabelle a évoqué, le sommeil, le repos, l'activité physique, l'alimentation, le stress et le relationnel, le social, le familial, le professionnel. Le T de GO TO IT, c'est Tell. C'est raconter l'histoire que l'on a collectée pour pouvoir faire émerger de cette histoire une prise de conscience, des émotions. Et s'assurer aussi qu'on a bien compris l'histoire du patient et que le patient comprenne ce vers quoi on veut aller. Et puis le O, c'est Order, c'est mettre des priorités, des priorités sur ce que l'on veut connaître en plus par rapport à tout ce qui est déjà fait parce qu'il ne faut pas répéter tout ce qui a été fait et puis comme examen complémentaire et puis la partie un peu plus difficile de l'approche c'est le I, c'est Initiate, initier le changement pour aller mieux. C'est là que le bât blesse parce que tout le monde, tous ceux qui veulent faire de la médecine fonctionnelle et ils pensent qu'il y a une solution magique. Non, ça nécessite des efforts, du changement, de l'aide de notre part. Et puis le T, c'est Track, vérifier. C'est le principe de l'approche systémique et de la thérapie brève. J'ai induit quelque chose, je regarde ce que le changement a fait. Et si ce changement a été pertinent, c'est bien. S'il n'a pas été pertinent, on doit changer notre fusil d'épaule ou revoir ce qu'on n'a pas réussi à faire passer au patient. Après, on peut développer chaque aspect du GO TO IT.

Jean-Charles Samuelian : Je serais ravi qu'on creuse maintenant chacun des aspects. Commençons par rassembler. Qu'est-ce qu'on rassemble ? Quelles sont les premières interactions que vous avez avec un patient ?

Gather - Rassembler [14:23 - 18:16]

Dr. Isabelle Dequenne : Il y a « Gather », donc il y a « rassembler », mais il y a aussi cette notion qu'ils aiment bien en médecine fonctionnelle et qui est importante. C'est d'abord « to gather oneself », donc être vraiment concentré sur l'histoire du patient. Donc ça s'adresse aux thérapeutes, aux médecins. Donc vraiment se focaliser sur le patient. Et donc au changement de consultation, il faut faire « switch off » sur tout ce qui s'est passé avant, « switch off » sur sa famille, « switch off » sur tout ce qui peut... et donc pouvoir être focalisé. Donc, ils recommandent de faire des exercices d'attention. Et puis, le Gather, après, c'est collecter toute l'histoire du patient, donc son histoire de vie, ses antécédents familiaux, ses antécédents personnels, y compris tout ce qui s'est passé en période périnatale, toutes les histoires de traitement, toutes les tentatives de solutions qui ont été faites pour résoudre leurs problèmes. Et dans leur histoire de vie, essayer de faire émerger les facteurs qui peuvent avoir déclenché, on appelle ça le trigger, ou qui peuvent maintenir une pathologie. Quelles sont les tentatives de solutions ou les événements de la vie qui entretiennent la maladie ? Donc on rassemble ces éléments, on peut même les mettre sur une ligne du temps.

Jean-Michel Philippart de Foy : De temps.

Dr. Isabelle Dequenne : C'est dans le Organize. Et on rassemble aussi tous les examens qui ont déjà été faits. Il ne faut pas répéter les choses. Donc, essayer d'avoir tous les éléments médicaux qui ont été faits. Je ne sais pas si tu penses à autre chose dans le Gather.

Jean-Michel Philippart de Foy : Non, c'est ça. Et quand on « Gather oneself », c'est fondamental de comprendre que pour bien soigner, il faut être bien dans sa peau. Parce que pour faire switch off sur sa vie, si on a des problèmes personnels qui nous parasitent, ça devient compliqué. Les histoires de vie, elles impactent profondément notre bien-être, mais aussi notre ouverture aux autres. Et ça, c'est compliqué.

Dr. Isabelle Dequenne : C'est très important.

Jean-Michel Philippart de Foy : C'est important de pouvoir créer un espace de travail où on est bien et il faut être bien soi-même.

Dr. Isabelle Dequenne : Pour être bien avec le patient.

Jean-Michel Philippart de Foy : Il faut avoir fait aussi un chemin et ce chemin, il est différent pour chacun et on progresse avec le temps.

Dr. Isabelle Dequenne : Dans les cours de médecine fonctionnelle, on a des « aha moments » pour nous aussi, par rapport à notre histoire de vie. Tout se décortique et se comprend et c'est vrai qu'être un vieux... Un vieux médecin aide à comprendre l'histoire de vie des patients qui arrivent. On a une autre perception, un autre recul.

L'approche systémique et stratégique [17:25 - 21:54]

Jean-Michel Philippart de Foy : Et c'est vrai que dans cet aspect du « ah ah », une formation qui nous a fait percevoir encore l'approche de médecine fonctionnelle différente, c'est l'approche qu'on a faite en thérapie systémique et stratégique, dont le berceau est Palo Alto, qui est in fine un mastermind. Parce qu'étudier ce qui a été fait pour voir ce qui n'a pas marché, parce qu'il y a un problème, c'est quand même la première chose. Et on voit parfois des gens, des patients, qui souhaitent aller mieux. Et ils ne vont pas bien de vouloir aller mieux.

Jean-Charles Samuelian : C'est-à-dire ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Ils veulent tout trop bien faire. Ils veulent tout contrôler sur leur santé. Et on doit parfois proposer ou trouver des stratégies pour essayer de faire arrêter ces tentatives de solutions. Et le mastermind de l'approche systémique et stratégique est quand même quelque chose de fondamental. Si on nous avait donné ça en médecine, ou au début de nos formations, on aurait gagné beaucoup de temps.

Jean-Charles Samuelian : C'est quoi cette thérapie systémique et stratégique ? Ça se définit comment ?

Jean-Michel Philippart de Foy : C'est la thérapie brève. C'est l'approche systémique. C'est quand un patient arrive en psychothérapie, mais ce n'est pas qu'en psychothérapie, en médecine. Il arrive avec une demande. Donc il arrive avec un problème. Et nous avons des manières de résoudre les problèmes qui marchent la plupart du temps, mais parfois ça ne marche pas. Et il y a trois logiques. Il y a des logiques d'évitement. On ne veut pas se brûler deux fois en mettant sa main sur un fer à repasser chaud. Des logiques de contrôle, et des logiques de croyance ou d'expérience de vie. Et ces logiques se placent chacune à trois niveaux, par rapport à soi, par rapport aux autres, par rapport au monde. Et donc, vouloir s'éviter soi, éviter peut-être les autres ou le monde, peut parfois résoudre des problèmes et peut parfois devenir problématique. De la même manière que vouloir se contrôler soi, sa nourriture, ne pas grossir, ou son comportement, c'est souvent problématique. Vouloir contrôler les autres, ça devient encore plus problématique. Et vouloir contrôler le monde, là, ça peut parfois devenir très angoissant. Et puis, il y a les logiques de confirmation de croyance vis-à-vis de soi, vis-à-vis des autres et vis-à-vis du monde. Ça ne sert à rien de vouloir convaincre un patient que ce qu'il pense n'est pas une bonne idée. L'approche de thérapie systémique et stratégique, c'est 1. d'identifier le pattern. 2. de se dire il ne fonctionne pas. 3. de se dire on va essayer de leur faire arrêter de faire ce qui ne marche pas. Et le but est d'essayer de manière en apparence fortuite de leur faire vivre une expérience émotionnelle qui corrige leur perception du monde. Il ne faudra jamais demander à quelqu'un qui vote à droite d'accepter les idées de gauche. Impossible. D'ailleurs, quand ils votent, ils votent toujours de la même manière. Parfois, ça change un tout petit peu. Et c'est ça le challenge de l'approche systémique et stratégique. Et c'est aussi ce que l'on peut utiliser dans nos consultations de médecine fonctionnelle. Le Tell, c'est aussi ça.

Exemple de thérapie systémique [21:54 - 24:59]

Jean-Charles Samuelian : Et vous avez un exemple justement de quelqu'un qui arrivait, d'un patient ou une patiente qui arrivait avec des croyances, et de comment vous avez créé ce moment émotionnel qui a permis de changer ?

Dr. Isabelle Dequenne : Il y a un exemple très très très simple, c'est avec la petite... Qui avait peur des chiens qui ne sortaient plus de son appartement.

Jean-Michel Philippart de Foy : Ah, que j'ai eu.

Dr. Isabelle Dequenne : Que toi tu as eu. Ça a l'air loufoque, mais c'est...

Jean-Michel Philippart de Foy : Oui, c'était une histoire de troubles phobiques. C'était la peur de sortir, de peur de marcher dans des crottes de chiens. Ça c'est en thérapie systémique et stratégique. Et devoir se laver beaucoup. Et en réfléchissant beaucoup, en lisant beaucoup, je me suis dit que je vais tenter deux options. Je vais demander de regarder sur internet tous les intérêts des écosystèmes microbiens et des crottes pour le sol et autres. Je lui ai demandé aussi, je lui ai dit écoutez, je pense que je n'en connais pas assez sur votre peur, et donc j'aimerais bien que vous puissiez d'ici la fois prochaine me décrire l'intensité de votre peur. Et pour ça, je vous demande, peut-être avec votre compagnon, de trouver une crotte de chien et de vous approcher le plus près possible de la crotte de chien, mais pas au-delà de ce que la peur vous empêche de faire. Elle est revenue, la consultation suivante, elle m'a dit ça va, j'ai plus peur. Comment ? Ben non, je me suis approchée, je me suis approchée tout à côté. C'est un truc qui durait depuis des années, avec un handicap, qui entravait fortement sa vie. Et je dis, et ? Elle me dit, j'avais pas envie de marcher dedans. Et ? Ben j'ai pas marché dedans. Alors ça, ça a débloqué une situation et elle voulait que je lui prescrive et que j'augmente un antidépresseur pour diminuer son anxiété. Et je lui dis non, on ne va pas augmenter l'antidépresseur. Surtout, je lui ai dit après, vous imaginez si j'avais augmenté l'antidépresseur, vous auriez cru que c'était l'antidépresseur qui vous avait permis d'approcher de la crotte. Et donc, cette patiente, c'est une patiente que je suis encore. Il y a d'autres histoires. Il faut bien se rendre compte qu'effectivement, c'est très symbolique et qu'il y a un fond d'anxiété derrière. Mais ça, c'est un exemple de résolution de problème. Mais évidemment, évidemment, ce n'est pas nécessairement le fond du problème. C'est une expression. Mais comment résoudre une situation ? Ça, ça m'a marqué.

Le questionnaire initial [24:59 - 30:55]

Jean-Charles Samuelian : Très, très bonne histoire. Et dans cette partie, encore une fois, du Gather et de la recherche d'informations. Quel format ça prend concrètement ? Vous demandez aux patients de remplir quelque chose ? C'est une discussion ?

Dr. Isabelle Dequenne : Oui, on a fait un questionnaire aussi pour qu'ils... Ils sachent aussi où ils arrivent, parce que parfois j'ai en dermato des gens qui viennent sans comprendre que je fais de la médecine fonctionnelle. Et donc le fait d'avoir ce questionnaire leur permet de réfléchir déjà. Déjà, ils doivent remplir, répondre à des questions, avoir réfléchi à des événements. Donc quand ils arrivent et quand ils ont rempli ce questionnaire, c'est beaucoup plus facile de demander les antécédents. Je me souviens qu'au début, quand je demandais une série de choses, ils me faisaient un « Vous êtes dermatologue, pourquoi vous me demandez tout ça ? » Je dis mais je suis médecin. La dermatologie, c'est de la médecine. C'est simplement une porte ouverte sur l'être humain. Donc il faut s'intéresser à tout l'être humain. Et donc là, je ne me trouve plus jamais face à ce genre d'interrogation puisque les gens viennent en sachant qu'on va travailler sur la santé en général. Et donc pour moi, ce questionnaire est très utile pour qu'ils comprennent déjà et qu'ils réfléchissent déjà. Et ça nous permet de décortiquer déjà une grosse partie de ce dont on a besoin. Les antécédents médicaux, les antécédents familiaux, leur traitement, leurs tentatives de solutions qui n'ont pas marché. Et donc, on peut déjà suivre une réflexion à partir de là pour se dire, bon, ok, qu'est-ce qui a été tenté ? On va chercher autrement. On va penser autrement.

Jean-Michel Philippart de Foy : Ils sont souvent surpris parce que quand on fait, on apprend en médecine, on me dit, il faut aller à l'essentiel. Pose pas trop de questions ouvertes, des questions fermées pour avoir un oui-non. Et là, on leur dit, si vous aviez une baguette magique et que vous pouviez vous plaindre de six choses, en fait, plus vous vous plaignez, plus on est content. Ça, c'est un contre-pied. Mais en fait, plus ils se plaignent, plus ils nous racontent des dysfonctionnements. Et quand on a fini ça, on enchaîne sur, effectivement, l'histoire des antécédents familiaux. Les antécédents familiaux, c'est fondamental. C'est de la génétique.

Dr. Isabelle Dequenne : C'est de la microbiologie.

Jean-Michel Philippart de Foy : C'est des prédispositions. C'est des histoires de vie. C'est ce qu'on devait surtout aussi utiliser quand on n'avait pas même ces outils d'analyse génétique. Et puis, on entre dans leur histoire de vie au travers de leurs antécédents de 0 à 20 ans. Et puis de 20 ans à aujourd'hui. Et là, ils commencent à raconter. Les antécédents médicaux, chirurgicaux, gynécologiques. Et ça, ça ouvre encore les questions. Et souvent, ils se disent, tu veux oublier tout ça ? Waouh, ça m'a fait réfléchir. Et puis, on arrive aux médicaments qu'ils prennent, aux compléments alimentaires qu'ils prennent. Il y en a qui n'en prennent pas, il y en a qui en prennent beaucoup. Et donc, on va identifier des tentatives de solutions, parfois. Et puis on arrive au paramètre du lifestyle. Et comment ils dorment ? Et comment ils se réveillent ? Et comment ils ne se réveillent pas ? Et comment le nombre de fois qu'ils se réveillent, comment ils se rendorment ? Comment ils ne se rendorment pas ? Comment ils se sentent au réveil ? Comment ils font du sport ? Certains, avant de ne faire que du sport, et c'est une tentative de solution qui n'est peut-être pas la bonne, comment ils mangent ? Alors, comment ils mangent ? Parfois, il n'y a aucune structure. Parfois, il y a trop de structures. Parfois, il y a de l'orthorexie, trop de règles. Et puis, comment ils stressent ? Comment sont leurs relations ? Et puis, qu'est-ce qu'ils prennent comme toxiques ? Quand ils prennent des toxiques, c'est hyper intéressant. Ça a une valeur très positive d'entendre un patient qui dit « Moi, je dois prendre trois verres de vin tous les soirs. » Il est effectivement alcoolique, mais ça éclaire sur sa sensibilité. Et donc, on peut transformer quelque chose qui est péjoratif, a priori, pour lui, qui pourrait être caché en quelque chose d'une force ou d'une qualité. Il dit, une qualité ? Prendre de l'alcool ? Oui, je pense que vous sentez plus que les autres. Il dit, ça c'est vrai. Et donc, c'est des portes ouvertes. Ça, le questionnaire, c'est important. Et après, avec les dossiers médicaux partagés aujourd'hui, ils sont mal foutus quand on regarde les documents qu'on a dans les hôpitaux. On est parti à une consultation pour la maman d'Isabelle, à la Clinique Universitaire Saint-Luc à Bruxelles. Et l'ophtalmo dit, ah oui, mais nous aussi, on a un outil d'intelligence artificielle. Et là, j'ai trouvé que c'était vraiment bien. Avec cet outil, ils ont mis du temps à le construire. Il y a une organisation des antécédents bien faite. Pas plein de gros trucs à lire. Non, la synthèse, ça, ce sont des choses qui sont extraordinaires.

Les tranches d'âge dans l'histoire de vie [30:55 - 36:00]

Jean-Charles Samuelian : Incroyable. Il y a quelques petits sujets que je veux creuser encore plus. Vous avez parlé de périnatal, de 0 à 20 ans et de 20 ans à 40 ans. Pourquoi ce split ? Qu'est-ce qu'on cherche dans le périnatal ? Qu'est-ce qu'on regarde dans les 0 à 20 ans ? Qu'est-ce qu'on regarde après ?

Dr. Isabelle Dequenne : Tout ce qui est épigénétique. Tout ce qui se passe chez la maman, on sait très bien que le manque de fer ou de zinc chez une maman va jouer sur l'expression génétique chez l'enfant. Le vécu de stress, une maman qui subit des périodes de stress va influencer l'expression génétique chez l'enfant. Donc c'est important de savoir ce que la maman a vécu. Et puis on a effectivement splitté des âges parce qu'on sait qu'il y a des tranches d'âge. Il y a l'influence des parents, il y a le commencement des études, donc il y a des phases de vie qui vont avoir des impacts de stress différents. C'est un peu une façon de scinder, de façon à voir déjà des structures sociales et des dépendances ou interdépendances différentes. Je ne sais pas toi si...

Jean-Michel Philippart de Foy : Oui, et je trouve qu'il y a une partie qu'ils ne comprennent pas bien non plus, c'est quand on leur demande leur parcours scolaire et professionnel. Pour moi, ça reprend un des nœuds de la matrice de médecine fonctionnelle sur le spirituel. Le spirituel, ce n'est pas nécessairement prier, ce n'est pas nécessairement faire de la méditation.

Dr. Isabelle Dequenne : C'est le chemin de vie.

Jean-Michel Philippart de Foy : Le spirituel, c'est le chemin de vie et c'est... ai-je accompli mes rêves ou ce que je devais faire pour être bien dans cette société ? Et il y en a beaucoup qui, peut-être par sensibilité, par doute, par manque, je dirais, de support, vont éviter d'affronter et choisir parfois des parcours en deçà de ce qu'ils pensent qu'ils ne peuvent pas être capables de faire. Et donc, ils vont traîner derrière eux de la frustration, du stress et leur faire découvrir qu'ils ont des capacités beaucoup plus grandes que ce qu'ils ne pensent. Et ça, c'est parfois très intéressant, c'est leur ouvrir des possibilités. Et on a dans nos patients plusieurs petits patients où, à des périodes critiques de la vie, on a joué de cette façon et on a une pharmacienne pour le moment qui est en stage de sixième année de médecine qui avait choisi pharma parce qu'elle pensait que c'était plus facile que médecine.

Dr. Isabelle Dequenne : Pas du tout.

Jean-Michel Philippart de Foy : Je lui dis « Regardez, je suis vétérinaire pour un... » Je dis là parce que là, OK. Et donc, je dis écoute, je lui ai fait passer toute une série de tests qui lui a démontré qu'elle était beaucoup plus intelligente qu'elle ne pensait. On a une avocate qui termine la médecine. On a une patiente qui a fait des études de gestion. On a une jeune femme qui avait 26 ans et qui se sentait pas bien dans sa peau, multidouloureuse, je lui ai fait passer un test de QI. Et je lui ai dit, ah ok, avec ça, moi je pense que le doute associé peut-être à certaines expériences de vie et ce que tu es, va t'empêcher d'être heureuse. Elle a passé son examen d'entrée en médecine à 26 ans et elle a terminé sa première année. Et je dois gérer la maman, la gamine, enfin la gamine, la jeune femme qui a perdu son papa. Et c'est les amener à découvrir qu'ils peuvent faire. Sinon, ils rouspètent, ils en veulent à la terre entière. Et à 40 ans, ça ne va plus. Et donc, on peut même à 40 ans ou à 50 ans faire des choses que l'on pensait impossibles.

Organize - L'organisation des données [36:00 - 40:09]

Jean-Charles Samuelian : C'est intéressant. Une fois que vous avez regroupé toute cette information, parce que le volume d'informations est énorme.

Jean-Michel Philippart de Foy : Il est énorme, oui.

Jean-Charles Samuelian : Ça prend quelle forme ? Donc ce questionnaire, vos discussions que vous avez, et comment on arrive au « Organize », comment vous organisez ça ? Quel est le travail qui se passe et qui s'opère ?

Dr. Isabelle Dequenne : Vas-y.

Jean-Michel Philippart de Foy : Depuis quelques années, on vit un shift de paradigme dans la gestion des données. Et à l'Institut de médecine fonctionnelle, c'était pour moi le shift qui était attendu. Parce que la médecine fonctionnelle, c'est collecter beaucoup d'informations pour essayer de la traiter. Et l'intelligence artificielle qui est arrivée permet une organisation, surtout quand on lui donne les instructions de la manière dont on veut organiser l'info. Et ça va être à la base du développement des logiciels médicaux. Et donc, ça va nécessairement influencer la manière de pratiquer les médecins. Eh bien, pour pouvoir mieux appréhender notre approche en médecine fonctionnelle. Avec Isabelle, on a commencé, on a fait, on termine et on va présenter notre travail le 20 septembre, un diplôme, un certificat en intelligence artificielle et santé. Mais ça, ça change la donne, cette organisation. Et cette organisation des données, pouvoir re-raconter les histoires, corriger ce avec quoi on n'est pas d'accord, parce que l'intelligence artificielle a ses grandes limites aussi, et puis aller interroger des outils d'interrogation de banques de données uniquement scientifiques change beaucoup de choses et ça soulage une charge mentale, ce qui nous permet de dégager du temps aussi pour parler et puis pour communiquer.

Jean-Charles Samuelian : Et du coup, si on prend cette phase d'abord de Gather, ça prend combien de temps pour un patient typique ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Nous, on essaye d'avoir notre première consultation qui dure une heure, mais au début, c'est plus qu'une consultation, c'est une, deux, trois, quatre consultations. Et puis on commence à voir structuré.

Dr. Isabelle Dequenne : Il faut bien se dire que c'est un chemin de vie, c'est un cheminement. Et donc, ce n'est pas juste aller pour quelque chose et avoir un traitement. C'est comprendre tout ce qui est arrivé, c'est mettre en place. Évidemment, on ne peut pas tout faire, donc il faut mettre une priorité dans ce qu'on va faire et en accord avec le patient. Je le redis toujours, en fait, c'est main dans la main qu'on avance. On peut comprendre des choses. Il y a des choses que je ne comprends pas. Il y a des choses que je ne sais pas. J'essaie toujours d'étudier, d'avancer. Mais j'ai besoin que vous me disiez qu'est-ce qui bloque, qu'est-ce qui ne va pas. Corrigez-moi si je me trompe. C'est vraiment un travail de binôme. Et donc, c'est parfois pour des pathologies immunitaires de la peau... On est parti pour deux ans de travail, deux, trois ans. Parfois, ça va plus vite. Mais parfois, c'est... C'est un cheminement, des prises de conscience de part et d'autre. Parce que moi aussi, je dois comprendre ce qui dysfonctionne. Et puis le patient doit aussi prendre conscience de sa façon de fonctionner. Et donc, ce n'est pas en une consultation ou en deux ou en trois. C'est vraiment un chemin. C'est un chemin.

Dr. Jean-Michel Philippart de Foy : Les consultations prennent du temps.

Dr. Isabelle Dequenne : Une heure au moins.

Dr. Jean-Michel Philippart de Foy : Une heure.

Dr. Isabelle Dequenne : Parfois…

Dr. Jean-Michel Philippart de Foy : On rêve de plus. Parfois, des confrères se disent... qu'est-ce qu'ils font pendant une heure ? On parle avec les patients, on essaye de comprendre. On peut concevoir que les consultations de médecine fonctionnelle, c'est très compliqué de pouvoir implémenter ça dans le modèle médical de remboursement actuel. Et donc, il faut, pour pouvoir développer des approches de ce type, concevoir une autre manière de rembourser ou de financer ses soins de santé. Ceci dit, une fois qu'on prend en charge le patient de cette manière-là, on peut regarder le coût et le bénéfice. À long terme. À long terme, il est certainement là.

Organize - La matrice des systèmes [41:10 - 59:32]

Jean-Charles Samuelian : Et vous avez utilisé beaucoup les termes matrice et système. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Quels sont les différents systèmes et les différentes matrices de cette médecine fonctionnelle ?

Dr. Jean-Michel Philippart de Foy : Tu commences par reprendre la ligne du temps et moi je passe sur la matrice. Et puis tu repars sur le lifestyle.

Dr. Isabelle Dequenne : On va faire ça. Quand le patient a raconté son histoire, on essaie de réorganiser sur une ligne du temps sa vie. Et donc on reprend les antécédents familiaux, le périnatal. Et puis, on a tous les éléments de sa vie, son enfance, s'il y a des choses qui sont arrivées dans son enfance et qui peuvent donner des Adverse Childhood Events, et puis les phases des études, les mariages, les naissances, etc. Et en dessous de cette ligne du temps, on note quand les premiers symptômes apparaissent. Et donc, on peut voir dans cette histoire de vie, en organisant le temps, parfois, il y a des « mais oui, ça, c'est arrivé à ce moment-là, mais oui ! » Par exemple, des grosses études. Très souvent, les gens disent « oui, c'est à ce moment-là que j'ai commencé à avoir des troubles digestifs, à ne pas savoir dormir, j'avais peur. » Et c'est de là qu'est partie la dégradation de la santé. Et donc, cette ligne du temps peut parfois faire conscientiser « Oui, mes parents, mes grands-parents avaient déjà ça. Et puis là, ça allait, ça allait. Et puis il y a ça et ça qui est arrivé. » Donc on peut repérer les déclencheurs, ce qu'ils appellent les triggers, et tout ce qui va perpétuer le problème. Courir à droite, à gauche, s'occuper des enfants, de la maison, du travail, et ça continue. Pourtant, je suis heureux dans ma vie, mais je cours derrière tout. Et ça perpétue le problème. Donc la ligne du temps, parfois, permet de conscientiser ça.

Dr. Jean-Michel Philippart de Foy : Et puis, de la ligne du temps, où on inscrit des symptômes qui peuvent avoir commencé, des angines à répétition, des otites, de l'eczéma, mais on est à 40 ans et on exprime toute une série de plaintes, on a un ensemble d'informations, dans les antécédents aussi, et on va attribuer à chacune de ces informations la possibilité d'être en lien avec un élément de la matrice. Il y en a dix. Il y a dans la matrice l'assimilation. Ça touche principalement le tube digestif et les voies respiratoires. Et on regarde si dans les plaintes et les maux de ventre, c'est facile d'attribuer à l'assimilation, aux nodes, aux nœuds d'assimilation, le ventre. Ça devient plus compliqué d'y associer des douleurs articulaires. Mais c'est selon la compétence et la connaissance du médecin qu'il va pouvoir les attribuer. Et puis, il y a un deuxième nœud, c'est le nœud de la défense et de la réparation. Et on essaie de regarder s'il y a des problèmes inflammatoires que l'on peut y attribuer, des défenses antioxydantes. Et puis à côté de ce nœud de réparation, auxquels sont attribués aussi par exemple les acides gras que les gens mangent, la vitamine D. Pour ça, il faut avoir un petit peu revu ces cours de base. Il y a le nœud de l'énergie. Comment est-ce que je fabrique mon énergie ? Les mitochondries, quand on dit aux patients qu'elles produisent 60 kg par jour d'énergie chimique, ils tombent des nues. On en parle à des confrères. Mais quand on prend les traités de physiologie, on voit que c'est une réalité et que cette énergie est clé pour pouvoir nous permettre de mettre nos cellules dans un état de switch-off. On pourrait y revenir plus tard. Et puis il y a le nœud, la notion de l'interaction avec l'environnement qu'on appelle Biotransformation, l'environnement externe et interne. Comment nous métabolisons les médicaments, nos hormones, notre détox in fine. Un peu plus large que la détox avec les jus. Et puis, il y a le système de transport. Le système de transport, ce sont les 100 000 km du réseau vasculaire qui vont nourrir les 35 000 milliards de cellules d'un être humain masculin, les 28 000 milliards de cellules d'un être féminin. Sans oxygène, ils sont morts. Et ce système est essentiel. Et ce système, il dysfonctionne quand on est trop gros. Et puis, il y a le système de la communication. Et le système de la communication, c'est le système de comment les cellules communiquent les unes avec les autres. Et on a un acronyme de nouveau pour qu'on n'oublie jamais que les surrénales sont au début. La relation avec le monde. A-T-S en anglais. Adrenal, thyroïde, hormones sexuelles. Arrêter de vouloir traiter les hormones sexuelles sans avoir compris comment le stress est impactant. Et même pour la thyroïde. Bien sûr, il y a d'autres. Il y a des neurotransmetteurs. Et puis, il y a la structure. La structure, quand on entend parler de ça pour la première fois, on se dit « bah oui, ce sont les os, les tendons, les ligaments ». Non, nous sommes constitués de 28 000 milliards à 35 000 milliards de cellules qui ont leur structure, leur membrane cellulaire, et puis à l'intérieur, leurs organites. C'est dingue. C'est une structure essentielle au fonctionnement du corps. Quand on ne comprend pas comment fonctionne une cellule, on ne peut même pas comprendre pourquoi on prescrit un médicament. Mais on oublie ça souvent. Et puis, on entre un peu au-dessus, sur le nœud des émotions, du mental et du spirituel, dont nous avons déjà parlé. Et tous ces systèmes sont interconnectés. Il est fondamentalement impossible que nos émotions et notre mental aillent bien quand on manque d'énergie. Il suffit de se poser la question, je pose souvent la question comme ça, je dis, si c'est une femme, je dis, est-ce que vous avez déjà vu un homme ? Si c'est un homme, est-ce que vous avez vu votre épouse ? Parfois, s'ils sont hommes... Est-ce que tu as déjà vu ton époux quand il a faim ? Il est comment ? Oui, mais moi, je tuerais quelqu'un. Et en fait, un déficit énergétique nous empêche de créer l'état électrique du switch-off. Le on-off. Le off, c'est de l'énergie. Et pour un cerveau... Le off, c'est la sérénité. Le off, c'est le lâcher prise. Le off, c'est la distance et le recul que nous avons par rapport à nous, au monde et aux autres. À partir du moment où on comprend ça et que ce système est binaire, off, c'est le métabolisme de base qui nous permet d'arriver dans cet état. C'est les fonctions de base. Quand nous décidons de passer en action, de faire un mouvement, de boire un verre d'eau, je l'ai voulu. Mais si ma musculature arrive en "on" sans que je le veuille, c'est super désagréable d'avoir des crampes dans les pieds et les mollets, des douleurs intercostales qui m'empêchent de respirer, des torticolis. Et puis d'avoir des tensions dans la nuque ou les épaules, ou d'avoir des muscles qui bougent tout seuls. Ça, c'est un problème en partie de déficit énergétique ou de passer en action trop facilement, de ne pas avoir maintenu correctement son état électrique de repos, de off. Mais pour le cerveau, pour pouvoir essayer d'exprimer la pensée, aussi bien qu'un mouvement précis, clair, harmonieux, donc exprimer sa pensée avec clarté, avec rapidité, avec finesse. Il faut que je sorte mes cellules de l'état on, off, en on. OK, ça c'est tout ce qui va bien. Mais quand un ensemble de cellules, le cerveau fait différentes régions, est trop proche du seuil où il va passer en on, il peut y arriver de manière involontaire. Je dis souvent aux patients, vous n'avez pas les crampes dans tout votre corps en même temps. Eh bien, vous n'aurez pas une activation de tout votre cerveau en même temps, sauf exception. Mais par contre, au lieu d'avoir les idées claires, vous me direz, j'ai la tête dans le brouillard. Au lieu de pouvoir prendre du recul, vous allez ruminer. Et vous n'allez pas ruminer sur le problème de constipation du chien de votre voisine. Non. Quand vous ruminez, vous ruminez sur vos choses de votre vie. Et si vous voulez un synonyme de ruminer, c'est ne pas savoir faire switch off. Et donc, de parfois avoir des difficultés à trouver le sommeil. Vous vous réveillez trop tôt la nuit. Ne pas savoir vous rendormir. Ah oui, docteur. C'est aussi être distractible. Ne pas savoir rester focalisés parce que la moindre information vous amène au seuil. C'est s'inquiéter trop rapidement. C'est quoi s'inquiéter ? C'est modifier un état cellulaire et nous amener à faire face. Avec quoi ? Avec les hormones qui nous empêchent de mourir. C'était ça la base. Les hormones qui nous font sentir des choses à l'intérieur. Et si ça allait se libérer sans qu'il n'y ait de cause apparente ou d'information apparente, on vous dira que vous êtes anxieux. Et si c'est très fort, on vous dira que vous êtes angoissé. Et vous serez impatient. C'est quoi être impatient ? C'est arriver trop vite à un seuil. Eh bien, tant qu'on n'a pas compris que le fonctionnement de nos cellules est binaire et que tous les médicaments que nous prescrivons, in fine, que toutes les voies métaboliques que l'on nous enseigne arrivent à un end point, qui est l'état de la cellule. Off, ça c'est l'idéal. Parce qu'à ce moment-là, je peux décider de le mettre en off, je peux décider de le mettre en on, ou les conditions environnementales ne m'y amèneront pas de manière trop rapide. C'est un principe fondamental de compréhension de comment l'ensemble de ces cellules va fonctionner. Alors, il y a une chose qui est terriblement intéressante, c'est de se rendre compte que sur, allez, on va dire, pour une femme, 28 000 milliards de cellules, pour l'homme en pourcentage, c'est exactement la même chose, 84 % de ces cellules sont représentées par un type de cellules. Nous en avons à peu près 250 types de cellules différentes. Les globules rouges. J'ai des globules. J'ai 5 litres de sang. Oui, je dis, ils sont tout petits. Mais en valeur absolue, 84%. Et ils servent à quoi ? Transporter l'oxygène et le carburant aux cellules. Dans les 100 000 km du réseau vasculaire. Ah, oui. Dans les 100 000 km du réseau vasculaire, il y a 3, 4, 5% de ces cellules qui tapissent ce réseau qui représentent les cellules du corps. 84 plus 5, 89%. Non, docteur, c'est beaucoup. Oui, je dis oui, non, mais attendez. Ce circuit ne doit pas fuir. Et donc, 5, 6, 7% sont des plaquettes. Des quoi ? Des trucs qui bouchent les trous. Et quand ça bouche un gros truc qui s'est fissuré, ça peut donner un infarctus. Donc, oui, c'est quand même essentiel, ce système. Non mais on est loin, oui, on est déjà à 95% pour les Français. Oui, mais je dis, mais il faut renouveler ces cellules. Il y a 2 à 3% des cellules, deux, allez deux, qui sont dans la moelle osseuse, qui fabriquent les globules rouges et les plaquettes et les globules blancs. Non mais dites, on est à 98%. Oui, je dis, oui, il y a moins de 2% des cellules qui représentent vos muscles, votre foie, vos reins, votre cœur, vos poumons, votre cerveau. Elles sont plus grosses. Une cellule musculaire, c'est de l'ordre du centimètre. Un globule rouge, c'est de l'ordre du micron. Ça doit passer dans des tout petits capillaires. Et, je dis, à partir du moment où vous avez compris ça, vous avez besoin d'oxygène pour produire de l'énergie. Et si je vous prive d'oxygène, en combien de temps croyez-vous que vous allez mourir ? 6 minutes ? 6 minutes. 6 minutes. C'est quand même extraordinaire. Quand on nous prive d'oxygène, on est mort. Mais le système a pour but de transporter l'oxygène à la dernière des dernières des dernières des cellules. Cet oxygène permet de brûler le carburant que nous avons mangé. Et ce carburant que nous avons mangé va donner du CO2 et de l'énergie. 60 kilos par jour. J'ai une fille qui est... Oh, deux enfants qui sont ingénieurs. Ils disent, c'est bien de produire, mais tu peux tenir combien de temps ? « Qu'est-ce que tu veux dire ? » « Mais quelles sont vos réserves de liquidité ? » « Ah oui, je dis nos réserves en énergie, 240 grammes. » « Ah, oui, 60 kilos, ça paraît beaucoup, mais si tu divises ça par 24, puis que tu divises ça par 60, tu as par minute. » Une de mes filles me dit « Tu vois, papa, t'es un médecin, 41,6, trop compliqué, 40 grammes par minute. » « 41 grammes par minute ? » Si tu renouvelles en permanence ton énergie, t'en as pour 6 minutes. Il n'y a pas besoin de faire une expérience, d'étouffer un patient 6 minutes pour voir qu'on va donner des dégâts. Mais 70% de ces 240 grammes, 70% de ces 240 grammes sont dévolus à créer le switch off. C'est pour ça que quand un homme a faim et qu'on ne lui donne pas à manger, je suis un homme cis blanc, un peu vieux, dix générations. Quand on ne donne pas à manger à un homme qui a faim, s'il a des caractéristiques un peu tetchy, il peut devenir très irritable. Tout simplement pourquoi ? Parce qu'il ne peut pas créer ces conditions qui l'empêchent de s'approcher du seuil. Et quand il s'approche du seuil, la moindre chose va l'énerver. C'est un truc qui est fondamental.

Dr. Jean-Michel Philippart de Foy : Et donc, comprendre après qu'une pauvre patiente à qui on dit « Mais madame, vous n'avez aucune raison d'être fatiguée, vous n'avez pas d'anémie » ou si vous avez trois enfants et elle manque d'un facteur clé pour la production d'énergie, la littérature scientifique est sans contestation là-dessus. Quand leur ferritine, la réserve de fer, est en dessous de 50, on peut avoir des déficits de production d'énergie qu'on appelle l'ATP. Et quand on corrige cette réserve de fer, des femmes qui étaient fatiguées ne sont plus fatiguées, quand c'est le seul paramètre qui est à corriger. Ça, c'est un exemple de base simple de correction d'une fonction. Donc, médecine fonctionnelle. Bon, ça, c'était la matrice avec une petite illustration.

Les piliers du lifestyle [59:32 - 62:52]

Dr. Isabelle Dequenne : Elle est centrée sur nos fonctions. Et alors, en fait... Tous les facteurs du mode de vie influencent nos fonctions. Et donc, on a à peu près cinq piliers fondamentaux qu'on regarde. Il y a le sommeil, majeur. Nos choix alimentaires, majeurs aussi. Tous les problèmes sociaux, socio-économiques, tout ce qui peut générer du stress. L'activité. Oui, voilà. Le réseau de soutien, les amis, la famille qui sont soutenants, fuir les toxiques, humains aussi, et le sport, l'activité physique qui est fondamentale pour nos mitochondries, la santé mentale, etc. Et chacun de ces éléments vont influer sur chacune de nos fonctions, donc le tube digestif, la mitochondrie, le système de transport, les structures cellulaires sont intrinsèquement influencés par ces modes de vie. Nous arrivons à développer une maladie à cause de cette interaction de notre écosystème humain avec notre façon de vivre et le contexte de vie. Et un corps humain remis dans le bon contexte se guérit tout seul. Ou presque.

Jean-Michel Philippart de Foy : Jusqu'à un certain niveau. Jusqu'à un certain stade. Et le plus bel exemple, je dirais, d'impact de l'environnement dans nos sociétés, c'est... L'augmentation croissante de l'obésité, du surpoids, du diabète et des maladies cardiovasculaires. C'est juste nos choix. Dans les piliers de santé, parfois il est amusant de souligner des choses comme quand j'ai dit « Est-ce que vous avez déjà vu un homme qui a faim ? » Ou votre épouse quand elle a faim. Moi, je dis, quand ils ne sont pas bien psychiquement, irritables, peut-être avec des signes de dépression, je dis, vous avez des enfants ? Ah, vous avez des enfants ? Est-ce que vous avez idée... Avez-vous vu un enfant qui n'avait pas assez dormi ? Oh, docteur ! Un enfant qui n'a pas assez dormi, c'est insupportable. Il pleure, il rouspète. Et un enfant qui n'a pas... qui a faim. Ouf ! Je ne suis pas bien non plus. Et un enfant qui a faim et qui n'a pas bien dormi ? C'est vrai que ça.

Dr. Isabelle Dequenne : On connaît.

Jean-Michel Philippart de Foy : Vous allez dormir à 1h du matin, vous vous levez à 6h, vous ne prenez pas le temps de prendre un petit déjeuner, vous prenez des petits déjeuners sucrés, vous achetez un truc vite fait à côté du bureau, et puis vous espérez être en bonne santé. C'est difficile pour que votre système nerveux fonctionne bien. Et c'est vrai que c'est difficile quand on a trois enfants et qu'on travaille et que c'est pas facile. Toute notre société est faite pour que nous ne soyons pas nécessairement bien.

Les tests biologiques [62:52 - 67:50]

Jean-Charles Samuelian : J'ai rassemblé beaucoup d'informations, je vais essayer maintenant de les organiser pour prioriser les questions que j'ai. Dans la phase justement de rassemblement, on a beaucoup parlé du questionnaire, des discussions. On n'a pas du tout parlé de biologie ou de tests que vous faites. Qu'est-ce que vous testez ? Quelles informations ? Quel prélèvement ? Est-ce que c'est le même pour tous ? À quel point vous spécialisez ? Quel est le tronc commun ?

Dr. Isabelle Dequenne : Ce n'est pas la même chose pour tous. On va effectivement voir ce qui a déjà été fait. Et si rien n'a été fait, on va commencer par prendre les bases. Qu'est-ce qui est essentiel au fonctionnement d'une cellule, au fonctionnement d'un corps humain ? Du minéral au microbiote. Donc on a nos prises de sang où on essaie de voir les carences en fer, en zinc, la fonction métabolique, le système immunitaire, d'avoir une idée de la fonction mitochondriale, d'éventuelles intolérances alimentaires. Donc on essaie de faire un panel de screening, un peu de reconnaissance sur les différents nœuds. Voilà, le digestif, l'énergie, l'assimilation, le vasculaire.

Jean-Michel Philippart de Foy : Les stress antioxydants.

Dr. Isabelle Dequenne : Voilà.

Jean-Charles Samuelian : Et tout ça avec des prises de sang, on peut mesurer.

Dr. Isabelle Dequenne : Voilà.

Jean-Michel Philippart de Foy : Mais en fait, avec des choses simples. Simples. Simples. Enfin, il faut commencer par les choses simples. Faire un hémogramme, analyser les globules rouges, les globules blancs, la réserve de fer, la vitamine B9, la vitamine B12, pour celle-là, on peut en faire d'autres, mais celles-là sont particulières. Voir s'il y a un fond d'inflammation, regarder le métabolisme glucidique, en regardant l'insuline à jeun, la glycémie à jeun, en regardant les enzymes hépatiques. Souvent, on a déjà ça avec les confrères. En regardant des fonctions hormonales, en regardant certaines vitamines et en l'occurrence la vitamine D et ses impacts sur des paramètres comme le calcium, le magnésium dans le sang, mais aussi les urines. Le bilan des stress antioxydants, le bilan des acides gras, Oméga-6, Oméga-3, qui ont un impact majeur sur la santé. En faisant un screening, parce que c'est une personne sur 100 et que la présentation est très peu typique d'une maladie cœliaque, donc une maladie auto-immune dirigée contre nous, déclenchée par le gluten, de regarder des allergies éventuelles alimentaires et des sensibilisations alimentaires, qui nous donnent indirectement des informations sur l'état du tube digestif, plus des analyses de compréhension de dynamique du tube digestif et pas seulement faire le microbiote intestinal, où les gens sont parfois un peu perdus, ils se disent... Qu'est-ce que je vais faire avec cette bactérie ? Non, est-ce que je digère bien ? Comment est-ce que je digère bien ? C'est différents paramètres. Est-ce que je peux interroger tel organe ? Est-ce que j'ai des troubles de perméabilité ? Oui, c'est facile à mesurer. Est-ce que j'ai des paramètres d'inflammation dans mon intestin ? Il y en a différents, selon différents types de réponses inflammatoires. Quand on a ça, est-ce qu'on a mangé suffisamment de fibres ? Est-ce qu'on voit des acides gras produits par les bonnes bactéries dans l'intestin, mais qui vont influencer sur la prévention du cancer du côlon, mais qui vont aussi influencer le fonctionnement métabolique des muscles, du foie et du cerveau à des dosages qui sont aussi fins que nos hormones. Ça, ce sont des analyses qu'on peut faire de base, mais dans ces analyses de base, on peut en retirer déjà quelques-unes quand on a les dossiers médicaux partagés. Et alors on peut se focaliser sur le « order », qui est priorité, mettre des priorités sur ce qui n'a pas déjà été fait. Oui. Ce qui permet de raconter des histoires.

Jean-Charles Samuelian : Et cette prise de sang…

Jean-Michel Philippart de Foy : Oui.

La mitochondrie expliquée [67:50 - 75:38]

Jean-Charles Samuelian : Vous avez parlé beaucoup de mitochondrie. Je ne sais pas si c'est clair pour tout le monde. Est-ce que vous pouvez expliquer ce que c'est et le fonctionnement et l'impact ?

Dr. Isabelle Dequenne : Alors, la mitochondrie, je dirais que c'est la centrale énergétique de nos cellules. C'est un petit organelle qui, selon ce qu'on dit, est une très très vieille bactérie qui a fusionné avec nos cellules. Et elle est spécialisée, ultra spécialisée dans la production d'énergie. Mais au départ de ce que l'on a mangé, donc de nos aliments, elle va transformer les glucides, parfois des acides aminés ou des lipides en énergie, en ATP. Et donc c'est cette mitochondrie qui utilise l'oxygène transporté par le globule rouge et qui est très demandeuse en fer, en magnésium, en zinc, en manganèse, en lipides, en oméga-3, en carnitine, en vitamine B. Donc elle va être une grande exigeante en termes de qualité nutritionnelle pour nous fournir de l'énergie, donc l'ATP.

Jean-Michel Philippart de Foy : On peut dire qu'un neurone, une cellule musculaire, en possède 10 000 par unité de cellule de mitochondrie.

Dr. Isabelle Dequenne : On peut dire aussi que le cœur, c'est 80% du poids, c'est de la mitochondrie. D'ailleurs, quand on parle de cardiolipine, c'est une lipide mitochondriel, on a donné le terme de cardiolipine à cause de son importance au niveau cardiaque.

Jean-Michel Philippart de Foy : Donc la mitochondrie, c'est l'unité de production des 60 kg d'énergie, dont 70% est dédiée au switch-off.

Dr. Isabelle Dequenne : Et quand elle dysfonctionne, c'est neuro... C'est cardio, c'est rénal, c'est digestif, c'est cutané, c'est musculaire, c'est hormonal, c'est pancréatique.

Jean-Charles Samuelian : C'est toutes les cellules, j'imagine. Et comment est-ce que nos mitochondries dysfonctionnent ?

Dr. Isabelle Dequenne : C'est une conséquence. Bien sûr, il y a des fragilités génétiques, mais c'est une conséquence du cortisol chronique, de l'inflammation, carence en fer, carence en zinc, carence en vitamine B, l'alcool, les pics glucidiques. Donc il y a toute une série de facteurs environnementaux qui vont la fragiliser. Et quand on a un affaiblissement du système mitochondriel, on va développer évidemment des problèmes dans les structures qui utilisent le plus d'énergie, donc le cerveau, le cœur, le tube digestif, le rein, le système immunitaire.

Jean-Michel Philippart de Foy : Et aux États-Unis, dans le système de médecine fonctionnelle, à côté de ça, on dit les trois P. Pain, douloureux, brain, dépression, anxiété, and drained, épuisé, vidé. Ça, c'est la mitochondrie. Un exemple d'éléments qui va faire dysfonctionner la mitochondrie, c'est une métaphore. Si on a une tondeuse à moteur, à essence, et qu'on amorce avec le petit bouton pour amener l'essence dans le carburateur, si on met la juste quantité d'essence et qu'on démarre, elle démarre au quart de tour. Mais si on noie le moteur, ça va être compliqué et elle va fumer bleu. Ce sont des produits de combustion incomplets. Dans le corps, l'insuline régule l'entrée du glucose, du carburant, dans certaines cellules. Trois types de cellules. Le muscle, le tissu gras et le foie. Les autres, le globule rouge, les neurones, sont indépendants de l'insuline. Et elles ont des portes, des canaux, en permanence ouverts. Ça monte dans le sang, ça monte dans la cellule. Si on a des pics, c'est vite descendu, mais quand on a des pics, c'est un peu comme quand on met trop de carburant dans son moteur. Et donc, on a des produits de combustion incomplets. Ça va entraîner une production de radicaux libres. Ça, c'est la fumée. Et puis quand on a des apports en excès, et qu'on a déjà, à cause de ces radicaux libres, des mitochondries qui commencent à dysfonctionner, on a des diminutions de production d'énergie. Et quand on a ces diminutions de production d'énergie, on est un tantinet plus nerveux, un tantinet fatigué, plus à risque d'être anxieux, plus à risque d'être déprimé. La mitochondrie, c'est le cœur du système. Isabelle a évoqué la mitochondrie origine bactérie. Il y a deux milliards et demi d'années, les cellules ne savaient pas consommer l'oxygène. Mais on avait de l'oxygène qui était apparu. Et il y avait des premières bactéries. Il y en a une qui a infecté ou envahi une cellule, qui a fait une symbiose, un partenariat. Au début, avec une molécule X, glucose, elle faisait deux molécules d'énergie avec un déchet. Eh bien, la bactérie, qui est devenue une mitochondrie, a pu en fabriquer 34 de plus. Il suffit de regarder ce que ça donne, un pays qui a de l'énergie et un pays qui n'a pas d'énergie. Ça a permis le développement d'un organisme unicellulaire à des êtres pluricellulaires, les plantes et les animaux. Ces mitochondries sont des outils de rentabilisation de l'énergie, de transformation. Dès que l'on a des pathologies mitochondriales, les virus, par exemple, viennent détourner le système. Isabelle explique ça très bien. Elle explique que les virus, la toxoplasmose, l'EBV, enfin...

Dr. Isabelle Dequenne : Le Covid.

Jean-Michel Philippart de Foy : Le Covid, la grippe.

Dr. Isabelle Dequenne : Ils se mettent sur la membrane externe de la mitochondrie et ils vont pomper l'énergie. Et donc, les Covid longs, ce sont déjà des gens qui avaient une pathologie mitochondriale et qui ont été encore épuisés davantage, parce qu'en fait, le parasite, lui, ce qu'il cherche, c'est à voler notre énergie.

Jean-Michel Philippart de Foy : Le parasite...

Dr. Isabelle Dequenne : Le virus, la bactérie. Donc, il faut vraiment réfléchir à cet aspect-là des choses en post-infectieux aussi.

Jean-Michel Philippart de Foy : Mais pour dire une chose simple sur la mitochondrie, il ne faut pas laisser des patients avec des paramètres faciles à corriger, susceptibles d'impacter le fonctionnement mitochondrial. Le fer.

Le fer et la ferritine [75:38 - 87:08]

Jean-Charles Samuelian : Parlons un peu du fer. Je vois bien que vous avez parlé de fer, mais ce n'est pas seulement le fer, c'est la ferritine. Est-ce que vous pouvez expliquer un peu les différences ?

Dr. Isabelle Dequenne : Oui, c'est notre biochimiste.

Jean-Michel Philippart de Foy : Le fer est au cœur du fonctionnement de toutes les cellules. Il est au cœur de la molécule du transport d'oxygène, l'hémoglobine des globules rouges. Il est au cœur de protéines qui captent l'oxygène dans les muscles, la myoglobine, ça se ressemble comme deux gouttes d'eau. Il est au cœur d'une protéine qui permet de capter l'oxygène des globules rouges dans les cellules nerveuses, la neuroglobine. Il est au cœur des systèmes de transport d'électrons, c'est-à-dire au cœur des mitochondries de la production d'énergie. On appelle ça les cytochromes, ils ressemblent comme deux gouttes d'eau à l'hémoglobine. Ils sont au cœur de tous les processus de détoxication des premières phases au niveau hépatique. Il est au cœur des systèmes de production de nos hormones stéroïdes. Il est au cœur de la synthèse des kératines, les ongles, les cheveux, l'épiderme. Et on en perd un milligramme tous les jours au niveau de ces phanères. Il est au cœur de la synthèse des neurotransmetteurs. Et donc, quand on veut faire un bilan et qu'on ne se focalise que sur l'hémoglobine et les globules rouges, on perd tout le pan de ce qui reste. Et donc, il y a le fer que nous mangeons, qui descend dans notre estomac, qui arrive dans l'intestin et qui va être transporté sur un transporteur. Un transporteur de fer s'appelle la transferrine. Il y en a d'autant plus que l'on manque de fer. On se dit, on va attraper le moindre atome. Et puis le bateau va transporter le fer pour le mettre dans des structures de réserve. La moelle osseuse où on fabrique les hémoglobines et les globules rouges. Il y en a beaucoup dans le foie où il y a beaucoup de cytochromes pour la détoxication mais aussi pour la production d'énergie. Et là où on recycle les vieux globules rouges, la rate, où on reprend le fer, on le met sur la transferrine et on va le remettre ailleurs. Et au cœur des cellules de stockage, il y a un coffre-fort qui est une protéine sur laquelle on vient mettre le fer qui vient de la transferrine. Et ce coffre-fort s'appelle la ferritine. Alors, quand on le mesure, la meilleure manière de mesurer la réserve de fer, ce serait faire une ponction de moelle osseuse. Les patients n'aiment pas. Alors, on se dit, on va prendre la ferritine qui fuit de manière normale dans le circuit de 100 000 km de vaisseaux, et puis on en mesure. Et c'est des nanogrammes par millilitre, pas beaucoup, ou des microgrammes par litre. Donc, c'est un indicateur des réserves, sauf s'il y a des fuites excessives. Si un foie est gras, enflammé, s'il y a des cancers, s'il y a des problèmes. Donc, la ferritine est un indicateur de réserve. Chaque unité de ferritine dans le sang, nanogramme, correspond à une réserve de 8 mg. Et pour que nous fonctionnions bien, il faut qu'au minimum, on soit à 50 et probablement aux alentours de 80 à 100. Et donc, quand on a 15, 20, 30, en dessous de 10, habituellement, on voit l'hémoglobine qui diminue. Mais on a déjà plein de symptômes avant. Et donc, le fer est un élément clé du bien-être féminin, puisque les hommes n'ont que les pertes obligatoires que hommes et femmes ont. 1 mg de fer au niveau des cheveux, moi c'est un peu moins, des ongles et de l'épiderme. On en absorbe 10%. Donc on a défini que pour les hommes, il fallait 10 mg. Et il y a les pertes périodiques. Et les pertes périodiques, mensuelles, menstruelles, c'est normalement 30 ml par mois. 1 ml par jour. 1 ml de sang, c'est 0,5 mg de fer. Donc on rajoute, puisqu'on absorbe 10% pour les femmes. Et certaines femmes ont des pertes qui vont monter à 80, on dit que c'est des ménorragies, à 120, à 400. Elles font des dons de sang permanents, et on se dit, mais pourquoi perd-elle autant ? Alors là, il faut réfléchir à pourquoi on en perd autant. Ce n'est pas normal d'en perdre autant. Et donc, le métabolisme du fer, c'est ça. Et il peut arriver qu'on malabsorbe le fer. Il suffit d'avoir une petite inflammation. L'exemple que l'on donne toujours, c'est la maladie cœliaque. La maladie cœliaque, c'est une pathologie de malabsorption à cause d'une pathologie auto-immune. Mais dès qu'il y a une inflammation dans l'intestin, il y a la production d'une petite molécule qui freine l'absorption du fer.

Jean-Charles Samuelian : Et donc...

Jean-Michel Philippart de Foy : Quand on a un intestin inflammatoire, on absorbera de toute façon un peu moins bien le fer. Et quand on donne du fer ferreux par la bouche en trop grosse quantité, on stimule la production de cette petite molécule. Donc, c'est tout un équilibre.

Jean-Charles Samuelian : Chez les patients que vous voyez, quelle proportion a des carences en fer ? Et je sais que c'est plus nuancé que ça, mais à quel point c'est un sujet en fait latent chez vos patients ? Et comment vous réglez ça ? Est-ce que c'est par un changement d'alimentation ? Est-ce que c'est par une supplémentation qui ne peut pas être qu'orale ? Comment vous traitez ça ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Je réponds sur le fer ? La première chose, c'est de se dire où est le problème ? Absorption, apport, perte. Donc ça, c'est le premier raisonnement. On va prendre un cas le plus fréquent. Perte. Perte plus importante. Menstruation. Rarissime d'avoir un homme qui manque de fer. Même s'il est végétarien. Après, dans les pertes, il faut comprendre l'origine de ces pertes. On va laisser ça de côté. Si on réussit à le corriger, on doit donner moins de fer à absorber. Alors, le mieux, l'alimentation, pour le corriger, en règle générale, chez les femmes, elles ont moins tendance que les hommes à aimer les sources de fer les plus importantes, mais ce n'est pas le cas de toutes. On peut donner des supplémentations ferreux. C'est la base, la supplémentation ferreux. Soit on a des doses de 14, 28 mg qui entrent dans le cadre des compléments alimentaires, soit on a des substitutions sur prescription où on va avoir 80, 120 mg de fer élément, dont on va absorber, en espérant, 10 %, mais qui sont parfois très difficilement tolérées par les patients. Quand on a démontré que l'absorption était soit difficile, soit non tolérée, dans les guidelines, on dit qu'on peut envisager la substitution soit en intramusculaire, mais qui est un petit peu douloureuse parce qu'on introduit, on injecte ça dans le muscle et ça peut parfois tatouer, soit l'injection intraveineuse. Sauf que... Pour avoir le remboursement d'une injection intraveineuse, il faut, de manière standard, avoir une hémoglobine déjà très basse et une anémie. Si je prends l'exemple de la Suisse, la Suisse, en médecine de première ligne, c'est-à-dire en médecine générale, ils administrent un produit qui s'appelle l'Injectafer, en 500 mg ou en 1000 mg, qui vont permettre de corriger en une fois la réserve de fer. Mais si on n'a pas traité la cause, le problème revient. Parfois, le problème d'administration de hautes doses de fer de ce type peut entraîner des effets secondaires d'hypophosphatémie. Les gens ne sont pas bien, ils peuvent avoir des crampes quand c'est administré très rapidement, des réactions, des effets secondaires de type allergique. Et donc, c'est peser le pour, le contre, la forme, et administrer des petites doses lentes peut permettre, dans certaines situations, de corriger bien les choses. Une fois qu'un patient a ressenti la correction du fer, la discussion sur la visite chez le gynéco pour pouvoir prendre les mesures pour ne plus perdre de fer change totalement. Ils se disent « Waouh, on se sent quand même beaucoup mieux et mes ongles sont plus solides et je ne suis plus fatigué et mes cheveux vont mieux et j'ai plus d'énergie et tiens, ce n'étaient pas les enfants qui me fatiguaient, j'étais simplement fatigué parce que je manquais de fer. » C'est vrai, docteur, que quand je ne dors pas assez, je suis encore fatigué. Je dis, ben oui, quand on ne dort pas assez, on est fatigué. Donc, la dynamique de la prise en charge du fer, elle doit intégrer la compréhension de l'origine, la prise en charge de l'origine, et puis la correction, idéalement, commence, oui, alimentation, substitution ferreux. Et en dernier recours, si on ne parvient pas, on peut utiliser des administrations intramusculaires ou intraveineuses.

L'approche nutritionnelle [87:08 - 98:00]

Jean-Charles Samuelian : J'ai encore beaucoup de questions, je vois que le temps tourne. J'aimerais bien creuser un petit peu le sujet de la nutrition, ce que tout à l'heure vous avez mentionné, le petit déjeuner, etc. Quels sont un peu les conseils que vous formulez sur la nutrition pour encore une fois être à son maximum d'énergie, fonctionner au mieux, avoir les bons apports ? Et là on a traité le fer, donc vous avez listé beaucoup d'autres choses et on va pas tous pouvoir les creuser, le zinc, etc. J'aimerais bien comprendre quelle est votre approche de la nutrition. Qu'est-ce que vous conseillez ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Un, expliquer que la régulation de la prise alimentaire se passe dans une petite zone du cerveau qui est indépendante de la volonté, et que l'ensemble des signaux neuro-endocriniens, hormono-intestinaux, neurotransmetteurs, énergétiques, contribuent à la sérénité cérébrale en termes d'alimentation, ni faim ni envie, et que cet état est associé à une augmentation légère du métabolisme de base. Légère. Si on dit à un patient qu'il pourrait perdre un kilo de graisse sur une année, ça ne va pas lui plaire. Mais quand même. Et que le fait de communiquer les bons messages à cette zone est clé pour réguler nos comportements alimentaires. C'est le secret pour avoir un bon poids. Et donc, pour ça, il faut ne pas manquer de toutes les choses dont on a déjà parlé. Mais dans les rythmes alimentaires, il faut commencer par un premier repas adéquat. Protido-lipidique dominant. J'ai dit protido-lipidique dominant. Je n'ai pas dit que ça ou que ça et pas autre chose. Pourquoi ? Pour créer des conditions sur la journée de stabilité de la glycémie, du carburant, pour éviter des hauts et des bas. Et donc, des petits déjeuners protido-lipidiques dominants peuvent se décliner de différentes manières. Si on prend nos petits déjeuners, on prend deux à trois œufs, de l'avocat, des anchois. Du saumon fumé, régulièrement, des légumes fermentés, des oléagineux

Jean-Charles Samuelian : Oléagineux ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Oléagineux, c'est noix, noisettes, amandes, un fruit. Enfin, c'est plantureux. Pour rester mince, il faut manger beaucoup. Et bien choisir son premier repas. Le but est d'éviter que la zone de commandement n'atteigne trop vite le seuil qui nous pousse à avoir faim ou envie de manière compulsive.

Jean-Charles Samuelian : On a tous connu ça.

Jean-Michel Philippart de Foy : Et donc, ce premier repas peut être plus végétal mais protido-lipidique. Il peut être plus animal, comme je l'ai décrit. Et selon les tolérances ou pertes de tolérance à des aliments, on doit un peu ajuster. Le deuxième repas...

Jean-Charles Samuelian : Mais donc, ça veut dire éviter les céréales.

Jean-Michel Philippart de Foy : Ah bien sûr ! Oui, c'était...

Jean-Charles Samuelian : Je pense que c'est bien de dire de manière...

Jean-Michel Philippart de Foy : Oui, le croissant, la baguette blanche, le pain blanc, les cornflakes, les confitures, le sucré, le Nutella, les jus de pommes, les jus de fruits. Pour commencer, c'est génial pour avoir des coups de pompe dans la journée. C'est fabuleux. De la même façon, le deuxième repas doit être dans cette lignée, mais avec des légumes, avec une protéine, peut-être végétale, mais aussi animale, et une portion de féculents, d'hydrates de carbone. Mais pas trop, surtout légumes qui entrent, potage. Et quand on a mangé ça, si on a envie de se prendre un petit truc pour terminer, du chocolat, pourquoi pas ? Mais au moins, quand on a fait ça, on n'est pas vers 14h, 16h, 17h, 18h, en train de se dire « Allez, juste un. » Et puis quand c'est juste un, c'est juste dix. Et après, on se sent coupable de ne pas avoir bien fait. Ou, si on a résisté, quand on arrive au repas du soir, on s'empiffre. Ou, après le repas du soir, on a encore ce « Docteur, c'est une envie, ce n'est pas la faim. » Tu dis, non mais, faim, envie. Non, c'est quand je m'ennuie. Non, c'est le stress. Je dis non, votre groupe de cellules est en off ou en on. Avoir une compulsion alimentaire, une pulsion alimentaire qui rend coupable, c'est comme toucher le seuil d'une autre manière et avoir une crampe. C'est fondamental de comprendre ces éléments. Et quand on fait ça, on mange moins. Et quand on mange moins parce qu'on a mangé un peu plus, le poids s'autorégule. Il faut arrêter de croire qu'il faut manger son métabolisme de base et pas plus en faisant du sport pour perdre du poids au long terme. Oui, on va en perdre au début, puis après on va craquer. C'est quoi le métabolisme de base ? C'est quoi les 1217,69 kilocalories de la balance du coach ? C'est juste la quantité d'énergie produite et nécessaire pour créer le off, la sérénité cérébrale, le relâchement musculaire, la satiété fondamentale. Et pourtant, dans nos études de médecine, on n'a pas une heure de cours de nutrition. Et après ? On vous dit « manger normalement ». Et on ne sait pas ce que c'est que bien manger.

Jean-Charles Samuelian : Et pour finir, ce serait quoi bien manger le repas du soir ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Le repas du soir peut être plus glucidique. Contrairement à « mon Dieu docteur, si je mange des hydrates de carbone le soir, je vais sécréter de l'insuline et je vais stocker du gras ». Non. Le fait d'avoir mangé protido-lipidique le matin et le midi, va permettre de rendre plus disponible, en journée, un acide aminé fondamental au bien-être et à l'énergie, la tyrosine, responsable de la synthèse de la dopamine et de la noradrénaline. Et quand on va manger le soir des hydrates de carbone tout en ayant une petite portion de protéines, les hydrates de carbone vont nous faire sécréter de l'insuline qui vont permettre de rendre plus disponible pour le cerveau le neurotransmetteur qui va nous permettre de nous apaiser, le tryptophane, qui pourra se transformer en sérotonine et mélatonine. L'apaisement, celui qui naturellement vient finement réguler l'état électrique des cellules vers le off. Mais pour bien fabriquer tous ces neurotransmetteurs, il ne faut pas manquer de fer, il ne faut pas manquer de vitamine D. Quand on manque de vitamine D, on a moins d'outils enzymatiques pour fabriquer. Mais ces outils enzymatiques dépendent du fer. Donc c'est un peu plus complexe que simplement dire « je vais prendre un complément de ci ou un complément de ça ». Mais c'est ça les bons rythmes alimentaires. La question qui fâche dans « initier le changement », c'est le patient qui dit « Docteur, et ma vie sociale ? »

Jean-Charles Samuelian : On en revient au pilier social.

Jean-Michel Philippart de Foy : Et je n'ai pas le temps. Et j'ai commandé sur telle application ou telle application un repas tout préparé qui est fait à base, comme je dis avec mes enfants, Pauline, la marge. La marge, ils l'ont faite sur le riz blanc ou sur tes protéines ? Papa, je suis en indigestion. Eh bien voilà, ta marge de ton livreur, elle n'est pas bonne pour ton cerveau.

Jean-Charles Samuelian : Très clair. Et bon, il y a beaucoup de sujets qu'on pourrait creuser. Je pense que je vais vous inviter à faire un épisode 2. Vous vou Vous voulez accepter ?

Jean-Michel Philippart de Foy : On peut faire plusieurs épisodes.

L'activité physique [98:00 - 100:34]

Jean-Charles Samuelian : J'aimerais juste creuser ce que vous avez, ou ça a été touché juste à l'instant, sur l'activité physique. Qu'est-ce qu'on... Encore une fois, est-ce qu'il y a des recommandations générales ? Est-ce qu'elles s'adaptent ? Est-ce qu'elles sont très personnalisées ? Ou est-ce qu'il y a une baseline qui fonctionne pour tout le monde ? Comment vous approchez ça ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Tu veux que le kiné parle ?

Dr. Isabelle Dequenne : Oui, le kiné, il est tellement multiformé, c'est son domaine aussi.

Jean-Michel Philippart de Foy : Il y a le standard, le patient en bon état, lui faire faire du cardio, accélérer son rythme cardiaque, faire des efforts, faire du jogging, le faire monter en fréquence cardiaque, au moins trois heures par semaine, c'est bien. Et puis, il y a des entraînements à haute intensité que certains aiment faire. Ce n'est pas un truc à faire faire à un patient qui est en burn-out. Non, celui-là, il est à plat. Lui demander ça, ça va l'épuiser. Donc, il sera plus à mettre en mouvement de manière douce, comme de la marche, des exercices légers, parce qu'il faut le protéger de l'excès de sollicitation d'un système qui ne fonctionne plus bien. Et donc, le choix, oui, va dépendre de la ligne du temps du patient et de son état.

Dr. Isabelle Dequenne : Mais c'est clair que l'activité musculaire améliore la mitochondrie, les fonctions mentales, la structure. Ça améliore tous les points de nos nœuds.

Jean-Michel Philippart de Foy : Faire de l'activité physique augmente l'espérance de vie et la longévité en bon état. En bon état, oui. Tout comme l'alimentation.

Jean-Charles Samuelian : La question, c'est quel programme d'activité physique fonctionne pour soi, comment le définir ?

Jean-Michel Philippart de Foy : Voilà. Et il y a des sportifs qui font des burn-out de sportif, les surentraînés. Surentraînement physique peut s'apparenter à un surentraînement intellectuel ou une surchauffe.

Vision de la longévité [100:34 - 113:16]

Jean-Charles Samuelian : Passionnant. Peut-être pour conclure, et on recreusera en beaucoup plus de profondeur, j'espère, tous ces sujets-là, est-ce que vous pourriez nous partager votre vision de la longévité ?

Dr. Isabelle Dequenne : Alors, la longévité, si on devait la définir en termes médicaux, quelles sont les années que nous pouvons vivre en fonction de notre programme génétique ? Et par rapport à l'espérance de vie, où là c'est dans un contexte de vie donné, qu'est-ce qu'on peut espérer avoir comme vie ? Et il faut encore bien dire, en termes de qualité, bonne qualité ou pas bonne qualité. Donc la longévité, d'après toutes les études, c'est l'expansion maximale de ce que l'on peut vivre. Et ce sur quoi nous pouvons travailler, c'est sur l'espérance de vie. Donc c'est optimiser l'expression génétique que nous avons. Et il est clair que les choix alimentaires, les contextes psychosociaux, isolement ou stress, le sport, le sommeil, les temps de relaxation ou le support, donc les gens qui vivent un isolement vivent moins longtemps, ont beaucoup plus de facteurs de stress, sont des facteurs qui, épigénétiquement, vont permettre d'optimiser notre longévité. C'est un peu la définition. Oui, voilà.

Jean-Michel Philippart de Foy : J'aime bien.

Dr. Isabelle Dequenne : Et il est clair que nos choix alimentaires, tous ces moteurs de lifestyle sont très importants. Donc quand nous faisons de la médecine fonctionnelle et qu'on arrive à améliorer le métabolisme, le contexte clinique, le sommeil, le sport, nous pouvons améliorer l'espérance de vie et maximiser la longévité prévue par nos gènes.

Jean-Michel Philippart de Foy : Oui, c'est une belle idée. Un élément qui est amusant, c'est ce qu'on entend régulièrement, c'est que quand on a commencé à jouer sur tous les aspects et d'utiliser les compléments alimentaires pour compléter des choses qu'on n'arrivera de toute façon pas à avoir par l'alimentation, je prends la vitamine D, impossible, les gens disent : « Depuis que vous me suivez, je ne suis plus malade. J'étais 3-4 fois par an malade en hiver et maintenant c'est terminé. » Ça rejoint au moins, pour une partie, pour un des facteurs, les études qui montrent que les taux de vitamine D optimaux doivent se situer entre 40 et 70 ng par millilitre alors que le range était, en 2005, fixé entre 7,5 et 45. Fixé par qui ? Fixé par la manière dont on fait les normes.

Jean-Charles Samuelian : OK.

Jean-Michel Philippart de Foy : Les laboratoires ont les patients. On regarde la moyenne. Percentiles 10, 20, 80, 90, on dit voilà, le plus grand nombre se trouve dans cette fourchette, ça c'est la normale et c'est la normale qu'on met dans une prise de sang. À l'époque pour la vitamine D c'était ça, puis des chercheurs du métabolisme osseux sont intervenus, ils ont dit oui écoutez vous voyez là, dès que la vitamine D descend en dessous d'une certaine valeur il y a une hormone qui monte, l'hormone qui va gratter les os pour rechercher le calcium et le magnésium que vous n'avez pas bien absorbés. Et donc, là, on s'est dit, c'est aux alentours de 22-23. On a dit, OK, en dessous de 20, c'est le déficit, 30, c'est le minimum à avoir. Enfin, il vaut mieux avoir 30. Aujourd'hui, on s'est rendu compte qu'il n'y a pas que l'os. Il y a l'immunité, l'auto-immunité, déjà dans le ventre de la maman, mais aussi pendant toute la vie. Et on arrive à 40 à 70. Notre travail de fin d'études en IA, c'était traiter un grand nombre de données où, après un contrat RGPD avec un laboratoire, on a regardé les données de vitamine D de 2014 à 2024, de médecins sensibilisés à la nutrition. Et en 2024, de médecins sensibilisés à la nutrition et non sensibilisés à la nutrition. Et on a regardé les valeurs. Notre travail n'était pas de faire l'analyse, c'était de démontrer comment un vieux médecin de 60 ans, inapte à traiter des données dans le passé, avec l'IA, est-il capable d'interroger des données en grand nombre, puisque nous traitions plus de 5 millions de données de vitamine D, et de voir ce que ça donnait ? Eh bien là, c'est extraordinaire de voir que, chez les médecins qui sont sensibles à la nutrition en 2024, le taux moyen de vitamine D qu'on voit fluctuer au cours des mois, en fonction de la saisonnalité de la lumière, est de 39 en moyenne, et chez les autres, de 24. C'est amusant de voir que de 2014 à 2024 inclus, les taux sont passés chez les médecins sensibilisés à la nutrition de 24 à 39, avec un pic aux alentours de 2020, où on a dû, on a pensé... On a pensé l'immunité peut être un tout petit peu différemment. Très amusant de voir ça. Et quand on se dit, tiens, il y en a d'autres que la vitamine D, des nutriments ? Bien sûr, il suffit de prendre l'histoire de l'acide folique, puisque toi, tu es un jeune papa. Ton épouse a pris, avant de faire le bébé, de l'acide folique. Ce qui nous a permis, il a fallu 30 ans pour que ça passe dans l'esprit médical, le fait de donner de l'acide folique a épargné aux États-Unis 2 500 cas par an d'anomalies du tube neural, c'est-à-dire des spina bifida. Et avec la prescription d'acide folique, on réduisait de 72 % la fréquence de ces événements. Et donc, l'étude publiée dans une grande revue, JAMA, qui travaillait au CDC, disait que depuis la découverte du vaccin contre la rubéole, on n'a pas eu d'occasion aussi importante de réduire des problèmes de malformations aussi courants. C'était 2500 aux États-Unis, et donc on peut regarder ce que ça donne dans le monde. Et ça, ça touche simplement à une variante génétique qui touche 10% de la population à l'état homozygote. 10% ! C'est beaucoup ! Et donc, en faut-il uniquement en période préconceptionnelle jusqu'à la fin du troisième mois de grossesse ? Ou les gens qui ont ces caractéristiques, 10%, ne vont-ils pas avoir des effets à long terme sur leur santé ? Donc il y a l'acide folique, il y a la vitamine D, il y a l'iode, les oméga-3. Les oméga-3, le Français moyen, le Belge moyen a des taux d'oméga-3 qui sont encore à un niveau où on n'a pas atteint l'effet seuil au-delà duquel on ne va plus obtenir de bénéfices. Parce que c'est souvent des courbes. Il y a un effet, et puis au-delà d'un certain taux, il n'y en a plus. Voire parfois, pour certains nutriments, s'il y en a trop, on perd les effets bénéfiques. C'est évident que la nutrition a un impact sur la santé. Et le paradoxe, c'est que souvent, on dit, est-ce que c'est vraiment vrai ?

Jean-Charles Samuelian : C'est assez dur à mesurer. On n'a que des études épidémiologiques.

Jean-Michel Philippart de Foy : Oui, on a des études. Le New England Journal of Medicine n'est pas une mauvaise revue. Qui, je ne sais plus, c'était dans les années 2020, 22, 23, prenait un groupe de 800 femmes à 6 mois de grossesse. Un groupe va recevoir un placebo et un groupe va recevoir 2,4 g d'oméga-3. Et on va suivre le devenir des enfants en termes d'asthme ou de respiration sifflante dans les cinq ans qui suivent. Dans le groupe placebo, 24% des enfants vont développer de l'asthme. Dans le groupe oméga-3, 16%. Mais quand on stratifie le risque en fonction du taux d'oméga-3 initial, bas dans les deux groupes, et qu'on leur donne des oméga-3 ou le placebo, 36% dans le groupe placebo versus 16% dans l'autre groupe. Le nombre de mamans à traiter pour éviter un événement est de 5. Si on a un médicament qui a cette puissance, on dit que c'est un extraordinaire médicament. Et le patient qui a un taux d'oméga-3 plus élevé qui reçoit des oméga-3, on ne va pas obtenir d'effet. Et la plupart des études qui sont faites quand on essaye de tester, on ne prend même pas le temps de regarder le taux de baseline avant d'en tirer des conclusions. C'est d'ailleurs une des critiques ou des réflexions que font les chercheurs en disant, il faudrait sans doute que 1. les études soient plus longues, 2. que l'on stratifie le point de départ, pour comparer des choses comparables.

Jean-Charles Samuelian : Je vais conclure là-dessus, mais un immense merci à tous les deux. Je pense qu'on a creusé, on a à peine commencé à effleurer l'infinie complexité de notre fonctionnement en tant qu'humain, mais à la fois, on a compris les sous-jacents, on commence à comprendre les sous-jacents. Vous avez aussi fourni des premières réponses concrètes sur comment accompagner ça, quel est ce travail et ce parcours de vie qui amènent à régler ces problèmes chroniques qu'on peut avoir avec l'effort. J'espère qu'on continuera à creuser tout ça, mais vous nous avez aidés à comprendre notre espérance de vie, notre longévité, comment être mieux aujourd'hui en agissant et en mesurant et en traquant et en changeant nos comportements pour vivre mieux, en meilleure santé plus longtemps. Donc un immense merci. Ce sont des sujets qui nous tiennent très à cœur chez Alan et qui me tiennent très à cœur aussi pour essayer d'apporter ce message-là au plus grand nombre. Si le podcast vous a passionnés comme ça a été le cas pour moi, partagez-le autour de vous, creusez ce sujet. On va continuer à explorer ces sujets autour de la santé et de toutes ces interactions entre notre environnement, nos actions et notre génétique et notre épigénétique. Commentez, dites-nous ce que vous voulez qu'on creuse et on continuera à le faire. Merci beaucoup. C'est un nouvel épisode de Healthier Humanity et j'étais très heureux d'avoir cette discussion. Un immense merci.

Jean-Michel Philippart de Foy : Merci.

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Mis à jour le 18/02/2026

Publié le 18/02/2026

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18 février 2026

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