Les cas précis de dispense de prévoyance

La prévoyance a pour but de protéger les salariés contre les coups durs. Les salariés ont donc intérêt à y adhérer. Mais ils peuvent, sous certaines conditions précises, refuser l’adhésion. Voyons quels sont ces cas précis de dispense de prévoyance.

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La prévoyance est-elle obligatoire en entreprise ?

Prévoyance obligatoire pour les cadres

Premier point important : la prévoyance est toujours obligatoire pour les cadres, quel que soit le domaine d’activité ou le nombre de salariés.Cette règle a été instaurée il y a plus de 70 ans par la Convention collective des cadres de 1947. Elle a depuis été réaffirmée par l’Accord national interprofessionnel (ANI) de 2017. Elle est donc particulièrement bien ancrée dans notre système de protection sociale !

Pour être précis, les entreprises doivent au minimum :

  • proposer une garantie décès aux cadres : l’organisme assureur verse alors un capital à la famille lorsqu’il survient ;

  • payer une cotisation de prévoyance cadre s’élevant au minimum à 1,50 % de la tranche A du salaire (tranche A : 3 428 € en 2021). On note toutefois que ce 1,50 % peut inclure la cotisation de la complémentaire santé.

Vous trouverez plus de détails sur la prise en charge des cotisations et les garanties offertes aux salariés cadres dans notre article complet sur la prévoyance des cadres.

Prévoyance des salariés non-cadres : facultative ou obligatoire ?

Une convention collective ou un accord de branche peut rendre la prévoyance obligatoire pour les salariés non-cadres. Les entreprises des secteurs d’activité concernés doivent alors souscrire une couverture complémentaire au bénéfice du personnel appartenant à la catégorie « non-cadre ».

Tous les salariés visés par le nouveau régime collectif doivent en principe y adhérer, mais ils peuvent, sous les conditions auxquelles nous arrivons, demander une dispense.

En dehors de ces cas, la prévoyance est facultative pour les entreprises. L’employeur peut décider de l’instaurer par décision unilatérale ou par référendum. Une fois que c’est fait, toute signature d’un contrat de travail entraîne l’adhésion du nouvel arrivant à la couverture collective. Il ne peut pas refuser, sauf s’il justifie d’un cas particulier de dispense.

C’est quoi une dispense d’adhésion ?

Dans notre cas, une dispense d’adhésion, c’est la faculté d’un salarié de refuser d’adhérer au régime complémentaire obligatoire mis en place dans l’entreprise.

En matière de prévoyance, la plupart des cas de dispense doivent avoir été prévus par l’acte juridique instituant le régime : convention collective, accord de branche, décision unilatérale de l’employeur (DUE) ou référendum (article R242-1-6 du Code de la Sécurité sociale).

C’est toujours au salarié de prendre l’initiative de demander la dispense par écrit : elle ne lui sera jamais accordée automatiquement par l’entreprise.

Quels sont les cas de dispense d’adhésion à la prévoyance d’entreprise ?

Voici les principales dispenses d’affiliation :

Le salarié a été embauché avant l’instauration du régime de prévoyance par décision unilatérale ET il doit payer une partie de la cotisation (participation salariale)

Par contre, si c’est une convention ou un accord collectif qui a instauré le dispositif, alors l’employé ne peut pas invoquer la date antérieure de son embauche pour refuser l’adhésion.

Le salarié est à temps « très partiel »

Le salarié qui est peu présent dans l’entreprise touche généralement une faible rémunération. Pour éviter de ponctionner son salaire de manière disproportionnée, l’acte fondateur peut prévoir la possibilité pour l’employé de refuser la prévoyance. La seule condition, c’est que le montant de sa cotisation soit supérieur ou égal à 10 % de ses revenus.

Le salarié est en CDD ou intérim de moins d’un an

Le salarié en CDD ou en intérim qui passe moins de 12 mois dans l’entreprise peut demander une dispense d’adhésion à la prévoyance, si l’acte fondateur l’y autorise. Il n’a pas besoin de justifier d’une couverture complémentaire individuelle. Il doit en faire la demande au moment de son embauche.

Le salarié est en CDD ou intérim de plus d’un an

Le salarié qui a signé un contrat de travail d’une durée supérieure à 12 mois peut refuser d’adhérer à la prévoyance. Il doit pour cela justifier être déjà couvert par un contrat de prévoyance individuelle. Bien entendu, il devra souscrire au contrat de prévoyance collective dès la fin de son contrat individuel. Ce cas de dispense doit avoir été prévu dans l’acte instituant le régime.

Le salarié est un apprenti

Sous réserve que l’acte ayant instauré la prévoyance le permette, l’apprenti peut refuser d’adhérer à la prévoyance collective s’il est concerné par un des cas suivants :

  • Le montant de la cotisation de prévoyance est supérieur ou égal à 10 % de son salaire ;

  • Il est en contrat de moins d’un an. Il n’a alors pas besoin de justifier d’une prévoyance individuelle ;

  • Il est en contrat de plus d’un an et est déjà couvert par une prévoyance individuelle.

  • Le salarié bénéficie déjà, y compris en tant qu’ayant droit, d’un régime de prévoyance collective listé par arrêté

💡 Un exemple

Si le salarié est protégé par un régime de prévoyance des agents de l’État ou des collectivités territoriales, ou par un contrat de prévoyance « Madelin », il peut demander une dispense. Il devra présenter un nouveau justificatif de cette couverture chaque année.

Les dispenses d’adhésion des ayants droit

L’acte instituant la prévoyance peut tout à fait prévoir la couverture des ayants droit (enfants, conjoint du salarié). Leur adhésion peut être à caractère obligatoire ou facultatif.

Quand l’adhésion des ayants droit à la prévoyance est obligatoire, ils doivent en principe y adhérer. Mais la loi a prévu un cas de dispense pour les ayants droit : dans l’hypothèse où ils sont déjà couverts par une prévoyance collective obligatoire, ils ont le droit de refuser l’affiliation au régime.

La demande de dispense

Aucune dispense n’est automatique ! Il faut impérativement que le salarié en fasse la demande, au moment de son embauche ou de l’instauration du régime. Dans le cas contraire, il est couvert d’office par la prévoyance.

Pour obtenir une dispense d’adhésion, l’employé doit écrire un courrier et y joindre tous les justificatifs qui prouvent le bien fondé de sa requête. Il transmet ces documents au chef d’entreprise ou au service des ressources humaines, qui doit procéder à une vérification minutieuse et informer l’organisme assureur.

🚩 Bon à savoir

Il est primordial de vérifier chaque année que les demandes de dispense sont à jour, et de conserver les attestations et les justificatifs. En cas de contrôle de l’URSSAF, elles seront nécessaires pour prouver le respect de vos obligations. Chez Alan, on se charge de ces démarches chronophages. On vérifie que la demande et le justificatif répondent bien à l’un des cas de dispense prévoyance 2021 et on vous signale les éléments invalides le cas échéant.

Notons pour finir qu’aucune dispense n’est définitive : un salarié peut à tout moment revenir sur sa décision et adhérer à la prévoyance collective obligatoire !

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